Saison des pluies : un calvaire interminable

Le retour des pluies rend la mobilité des populations du quartier Oyom-abang difficile.

Nul ne peut passer sur le tronçon carrefour Meec-Oyom-Abang, sans adopter une nouvelle posture et une nouvelle conduite : la délicatesse et la prudence. Cette route impose un nouveau rythme aux populations, après la pluie qui se déverse régulièrement sur la ville de Yaoundé. Des grandes marres d’eaux sales et des nids de poules remplis de boues jonchent la route. Un grand lac d’une profondeur considérable se trouve également au milieu de cet axe routier. Aux alentours, des rigoles constamment chargées d’eau, de boues et de déchets de toutes sortes en majorité des bouteilles de jus en plastique.

Une route à reconstruire entièrement. Septembre 2021. © Ajara Fomekong

Les conducteurs qui cheminent sur cette route, se distinguent des autres par la couleur de leurs vêtements et celle de leurs engins. Ils sont en deux tons, c’est-à-dire sales des pieds jusqu’aux cuisses et propres de la taille jusqu’à la tête. Tout simplement parce qu’il faut plonger dans ces eaux souillées, pour se retrouver de l’autre côté.

Un jeune garçon qui réside dans les environs est stationné en bordure avec ses camarades pour admirer et arbitrer le spectacle. On se croirait dans une compétition de plongée. « Sautez dans l’eau ! sautez dans l’eau ! courage le père ! » cris-t-il de vive voix. Il confesse :« le matin, nous avons ouvert une petite déviation pour aider les mototaximen. Cela leur valait 100 francs CFA. Mais comme ils étaient indisciplinés, ils empêchaient aux piétons de circuler librement, notre patron a donc été obligé de refermer cette route de secours. Maintenant ils n’ont plus d’autre choix que de cascader dans le trou ».

Des activités lucratives naissent en ce mois de septembre 2021. ©: Ajara Fomekong

Sur les pointes des pieds, les piétons se frayent des chemins dans les herbes environnantes. Ceci pour éviter de se faire éclabousser vue la brutalité avec laquelle, d’autres chauffeurs conduisent. L’un de ces taximen se justifie : « J’accélère pour ne pas être coincé dans l’un de ces trous. Il faut aussi savoir qu’ils regorgent de nombreux cailloux et objets pointus, plus tu es lent, plus tu risques de te faire éclater les pneus ».

Les enchères grimpent

D’après les dires des usagers, avant l’arrivée des pluies, la moto coûtait 100 francs CFA pour ceux qui n’allaient pas loin. Mais maintenant les tarifs commencent à partir de 150 francs CFA. Kamga, un moto-taximan de cette zone explique : « je ne peux plus prendre 100 francs même si le client va juste à côté. Du moment où c’est pour aller à Oyom-Abang ou au Camp Sonel, les prix augmentent.  La route est très mauvaise, même à Emah Basil où on part contourner ce n’est pas du tout évident ».

Ajara Fomekong   (stagiaire)

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