Abraham Baboule: on « prépare l’élection des délégués du personnel »

Le 28 août 2021 à Yaoundé, s’est tenu un congrès de la Confédération syndicale des travailleurs du Cameroun (Cstc), à l’issue duquel, Eugène Makembe a été élu président confédéral. Seulement,  son équipe et lui, constitué de 65 personnes, ne font pas l’unanimité. Abraham Baboule, président confédérale de la même centrale d’après le congrès du 17 avril 2021, relève les éléments justifiant sa crédibilité.   

Comment avez-vous accueilli l’élection des membres du bureau confédéral de la Cstc qui a eu lieu le 28 août 2021 dans la capitale politique du Cameroun ? Vivez-vous cela d’une façon particulière ?

Nous vous remercions pour l’opportunité que vous nous donnez de nous adresser à l’opinion publique à travers votre média pour apporter un certains nombres d’éclairages sur la situation qui prévaut à la Cstc.

Vous introduisez cet interview en affirmant que : « le 28 août 2021 à Yaoundé, s’est tenu un congrès de la Cstc  à l’issu duquel Eugène Makembe a été élu président ». Vous voulez ensuite savoir comment nous avons accueilli cette information et si nous vivons cela d’une façon particulière.

En réponse, nous tenons à préciser d’emblé que la Confédération syndicale des travailleurs du Cameroun (Cstc) est une organisation structurée, régie par les textes organiques qu’elle s’est dotée et dont les membres et organisations affiliées s’engagent à respecter scrupuleusement.

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La tenu d’une réunion séditieuse le 28 août 2021 ne pouvait nous surprendre dès lors que nous étions informés des manigances autour de sa convocation  et de sa tenu. Nous savions que l’objectif de cet imposture était de détourner l’attention et de semer le doute au sein de l’opinion publique sur la situation réelle de la Cstc ; en leur faisant croire qu’il existe désormais deux (02) bureaux à la tête de la Cstc. La vérité est qu’à la Cstc, il y a un seul bureau confédéral qui fonctionne normalement, et qui prépare sereinement l’élection des délégués du personnel du 27 octobre 2021.

Vous êtes aussi présenté comme président de la Cstc, élu le 17 avril 2021 au cours d’un autre congrès, toujours à Yaoundé. Qu’est-ce qui selon vous, vous rend plus crédible à ce poste, que l’autre ?

Vous insinuez que : « nous sommes aussi présentés comme président de la Cstc élu le 17 avril 2021 ». Nous tenons à préciser qu’à la Cstc on n’élit pas un président: on élit un bureau confédéral complet de 65 membres sur une liste bloquée.  Le bureau confédéral de la Cstc que nous avons l’honneur de présider est un bureau consensuel, complet, qui a été mit en place par la quasi-totalité des organisations affiliées, à l’issu d’un congrès confédéral extraordinaire unitaire. La liste des membres du bureau et les résolutions ont été rendus publique dans un délai de 48 heures, les partenaires sociaux de la Cstc ont tous reçus copies des documents du congrès de la Cstc du 17 avril 2021. Nous vous informons que 05 (cinq) mois après la tenu de ce congrès, aucune contestation ou recours n’a été enregistré.

Par contre, le groupuscule d’imposteurs du 28 août 2021 à Yaoundé, n’a toujours pas réussi à former et à rendre public une liste de 65 personnes faisant office de membre de leur bureau.

La seule information rendue publique émanent de la réunion du 28 août 2021 relayé par votre média indiquait l’élection de 04 (quatre) personnes portées aux postes de : Président, Premier vice-président, Secrétaire Général et Trésorier Général. Comme vous pouvez le constater, à la Cstc, 04 (quatre) personnes ne peuvent constituées un bureau confédéral. Il en faut 65 que les dissidents ne parviennent pas encore à trouver, plus d’un mois après leur forfait du 28 août 2021.

Votre question nous donne aussi l’occasion d’informer l’opinion sur le fonctionnement de la Cstc. Les 03 (trois) instances dirigeantes de la Cstc sont :

  • Le congrès confédéral qui est l’organe suprême ;
  • Le conseil confédéral qui contrôle les activités du bureau confédéral et rend compte au congrès ;
  • Le bureau confédéral qui exécute les décisions du congrès et du conseil et rend compte de ses activités.

C’est au sein du bureau qu’il y a un président, il n’est pas le président de la Cstc, mais plutôt président du bureau confédéral de la Cstc.

LIRE AUSSI: Le congrès unitaire du 28 août 2021 au Cradat, à Yaoundé.

Vous comprenez aisément que la question de crédibilité « au poste de président de la Cstc de l’un ou de l’autre, n’a pas sa raison d’être ; néanmoins, nous voulons faire savoir que nous tenons notre légalité et notre légitimité du processus qui a conduit à notre élection et des organisations affiliées à la Cstc, qui nous ont données le mandat de les représenter pendant les 05 (cinq) prochaines années.

Cela fait plus de cinq mois que vous occupez ce poste. Quels sont les actions phares menées jusqu’ici ?

Depuis notre élection le 17 avril 2021, nous travaillons, et cela bien visible. En voici quelques actions que nous avons menées jusqu’ici :

– le choix des confédérations a été porté sur nous pour coordonner les activités et livrer le message des travailleurs à la récente fête internationale du travail 1er mai 2021 au Cameroun ;

– le 19 mai 2021, nous avons tenu la 1ère réunion du bureau confédéral ; le plan d’action 20212026 a été adopté et est progressivement mis en œuvre ;

– le 21 août 2021 s’est tenu la 2ème réunion du bureau confédéral, entre autres résolutions, l’élaboration et l’adoption d’une stratégie pour les élections des délégués du personnel du 27 octobre 2021 ;

– la participation à l’élaboration et à la signature avec le patronat, du pacte sur le dialogue social bipartite au Cameroun ;

– la participation à l’élaboration des politiques nationales de développement économique et social ;

– les doléances pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des masses laborieuses camerounaise remisent au gouvernement via le ministère du travail et de la sécurité sociale, le 18 août 2021 ;

– La contribution à la prévention et à la résolution des conflits dans plusieurs entreprises.

Avez-vous des ambitions pour cette centrale syndicale, ainsi que pour le mouvement syndical au Cameroun ?

Nos ambitions sont celles qui figurent dans le plan d’action adopté par le bureau  confédéral le 19 mai 2021 à Yaoundé. En voici quelques unes :

  • Ramener la paix et la sérénité au sein de la Cstc;
  • Relever substantiellement le taux de syndicalisation ;
  • Accéder à l’autonomie financière afin de bien remplir nos missions ;
  • Devenir la plus grande force de revendication et de proposition ;
  • Consolider notre place de leader à l’issu des élections du 27 octobre 2021,en améliorant significativement notre score de 2018.

Pour le mouvement syndical camerounais, nous ambitionnons le conduire à une unité d’action.

Vous semblez refuser l’existence du bicéphalisme à la Cstc, pourtant on constate que deux équipes se revendiquent d’être des membres du bureau exécutif de l’organisation. Ne pensez-vous pas que cette querelle affaiblie davantage la CSTC ?

Pour qu’il y ait bicéphalisme à la Cstc :

  • Il faut qu’il y ait 02 (deux) bureaux complets de 65 membres  chacun issus de 02 (congrès régulièrement convoqués c’est-à-dire ayant respecté les dispositions statutaires et règlementaires en la matière) ;
  • Que chaque bureau ait en son sein au moins 2/5 des organisations affiliées représentatives sous son contrôle ;
  • Que les organisations affiliées remplissant les conditions de représentativités requises prennent part au congrès ;
  • Que les conditions d’électorat et d’éligibilité soient réunis  etc….

On ne saurait mettre en parallèle un bureau confédéral élu au terme d’un processus crédible conforme aux dispositions statutaires et règlementaires de la Cstc et un groupuscule de personnes sans base syndicale qui cherchent désespérément à compléter la liste à 65 membres depuis un mois.

La Cstc fait figure d’épouvantail dans l’arène social national et international. De ce fait, tout est mis en œuvre pour la diviser et l’affaiblir par des forces endogènes et exogènes. Depuis 1995, à chaque sorti de congrès de la Cstc, des petits groupes se détachent pour soit créer une nouvelle centrale ou pour faire la dissidence.

Tant que les organisations affiliées les plus représentatives resterons fidèles au bureau confédérales de la Cstc qu’elles ont mises en place et que nous avons l’honneur de conduire, la Cstc sortira grandie de cette énième crise à faible amplitude sur l’échelle des crises déjà connues à la Cstc.

Propos recueillis par Arnaud Kevin Ngano

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