Adamaoua-Bakari Sidiki : le sauveur des enfants à Tello

Exerçant le métier de relais communautaire depuis un an seulement, celui qu’on appelle affectueusement Aboubakar, se bat au quotidien pour le bien-être des moins de 5 ans.

Haouwa, fils d’Ibrahima vivant au quartier Mandeng, revient de loin. Agé de 5 ans, il sort d’une prise en charge d’un mois, par le Centre de Santé Intégré (CSI) de Tello, situé à environ 110 km de Ngaoundéré. Il souffrait de malnutrition aigüe, détectée par Bakari Sidiki, agent de relais communautaire, lors d’une descente, à l’aide du périmètre brachiale. Ce cas inoubliable, reste gravé dans sa mémoire, parce qu’il n’a pas été facile de convaincre le père de l’enfant, à accepter que l’enfant soit soigné.

Bakari Sidiki, ancien vendeur de viande à plein temps, s’occupe aujourd’hui d’environ 210 enfants de 0 à 59 mois, dans cette localité du département de la Vina, région de l’Adamaoua. Il sillonne régulièrement, les 10 quartiers du village Tello, ménage par ménage, en mettant en application les formations suivies grâce au Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et ses partenaires. Ceci dans le but bien sûr, de dépister et détecter les enfants victimes de la malnutrition aiguë sévère, qui sont immédiatement référés au CSI de Tello, pour la prise en charge. Ceux-ci sont suivis à la loupe, à en croire l’agent de relais communautaire, engagé. Ce CSI reçoit d’ailleurs, entre 8 et 13 cas de malnutrition par mois, révèle « le sauveur des enfants ».

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Bakari Sidiki alias Aboubakar exerce cette activité pour, dit-il, aider sa communauté, qu’il appelle sa « famille ». « Si on les laisse souffrir comme ça, c’est un problème. J’ai volontairement décidé de prendre en charge les bébé qui souffrent, pour aider mes frères et sœurs », souligne le jeune homme de 33 ans. Malgré les moqueries de certains habitants du village, Bakari s’adonne à fond à sa tâche, négligeant même la vente de la viande, qui le permettait de nourrir sa petite famille.

Marié depuis 6 ans et père de 2 enfants, Sidiki pense qu’il lui faut une motocyclette ou un vélo et un sac à dos, pour faciliter son travail de bénévole. Optimiste et en attendant que son désir devienne une réalité, il continue de faire des dizaines de kilomètres à pied sous le soleil et parfois sous la pluie. Ce passionné d’activité de secouriste des enfants, ne se voit pas à l’aise dans un autre métier que celui-ci.

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Arnaud Kévin Ngano

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