Apôtre Guy Bayong : « Le virus marche dans les rues ».

Avant d’inviter l’Etat à mettre sur pied une structure de surveillance et de contrôle du comportement du personnel de santé dans le cadre de la lutte contre la maladie à Covid-19, l’homme de Dieu, Guy Leonce Bayong, estime que le gouvernement a favorisé la propagation de la maladie sur le triangle national. Et pourtant la forte sensibilisation que le pentecôtiste a initié depuis, portait ses fruits.

Quelles sont les actions que vous menez personnellement dans le cadre de la lutte contre la maladie à Covid-19 au Cameroun ?

Jusqu’ici à titre personnel, j’ai fait de fortes sensibilisations près de mes collègues qui ma foi m’écoutent et ont souvent besoin des avis éclairés. Pour moi, il fallait toucher tous ces leaders qui vont répercuter ces informations dans les communautés. Donc, j’ai très tôt pris les choses en main, il y a plus de trois mois, j’ai commencé à sensibiliser les gens parce que j’ai pris le temps de faire des “checking ” sur internet, et me rendre compte de la gravité de la situation puis alerter les miens qui ont très vite pris des mesures.

Nous avons des rencontres dans lesquelles nous faisons des sensibilisations et certaines communautés parmi nous ont fait des distributions à la fois des denrées (comme moi), ainsi que des kits pour barrer la route à cette pandémie. Ceci avec bien sûr, nos modestes moyens. Il faut préciser que des collaborateurs qui ont plus de moyens que moi, ont pu offrir plus de don, pour aider les camerounais en général, et les pentecôtistes en particulier, à combattre ce mal.

Sur le plan global, ou plutôt, national, quel regard portez-vous sur la stratégie de lutte contre cette pandémie de Coronavirus-2019 ?

L’un des reproches que l’on peut faire aujourd’hui à cette stratégie, c’est d’avoir très tôt ouvert. Je pense que nous étions déjà en train de vaincre la maladie. C’est un avis personnel, je peux me tromper. Pour ma part, je croyais qu’on aurait fermé tout, pour confiner les foyers de la maladie. Mais on a très tôt ouvert, et on a ouvert les lieux les plus sensibles comme les bars et plusieurs lieux publics. Ce qui favorise la montée en puissance de la pandémie, qui entraîne la peur.

On avait déjà un taux très bas de propagation de cette maladie, puis subitement, c’est en train de monter. Je pense qu’on devrait davantage réfléchir sur comment faire pour arrêter ça. Parce que si un vaccin n’est pas trouvé, ou d’autres mesures radicales prises le plus tôt possible, le Cameroun pourrait souffrir sérieusement de cette maladie.

Mais en tant que religieux ou leader spirituel, n’avez-vous pas un conseil ou un message à véhiculer ? En d’autres termes, que faudrait-il faire pour éradiquer cette maladie ?

La première chose, c’est conscientiser la population camerounaise à travers les sensibilisations. Ils doivent savoir que le virus marche dans les rues et il faudrait que chacun des camerounais, puissent se protéger au minimum.

Mais de l’autre côté il y a un problème sérieux que nous sommes en train de décrier. Il s’agit de la corruption et les comportements immoraux dans les institutions hospitalières. Autant de choses qui sont en train de ternir l’image des professionnels de la santé. Tout en félicitant les hommes et femmes à la blouse blanche, nous voulons à la fois conseiller les structures médicales, de faire leur boulot et rien que leur boulot. Car il y en a qui ne font pas leur travail en ce moment; plutôt trouvent-ils en la situation actuelle, une opportunité en or, pour gagner de l’argent. Il faudrait que les pouvoirs publics jettent un coup d’œil sur ce qui se passe dans les hôpitaux. Il y a des cas où vous arrivez, si vous avez des douleurs à la dent ou à l’oreille, on vous dit que vous avez le coronavirus. Si vous perdez quelqu’un des suites d’arrêt cardiaque, c’est le Covid-19, pour vous imposer beaucoup d’argent. Ce sont des choses comme ça qui font en sorte que beaucoup de camerounais ne croient plus à la fois en nos pouvoirs publics et en nos hôpitaux. A cause de cela, beaucoup préfèrent mourir à la maison, et c’est ainsi que la maladie se propage.

L’Etat devrait donc avoir des structures de surveillance, qui contrôlent toutes ces choses là. Je veux également dire aux responsables religieux, qu’ils ont la voix, et doivent être participant de cette stratégie de lutte contre la pandémie. Donc que les pouvoirs publics sachent que nous sommes avec eux, mais sont-ils avec nous ? C’est ça la question.

Propos recueillis par Arnaud Kévin Ngano

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