Assurance automobile: « Tout le monde va tout gagner…»

Au cours d’une rencontre avec des journalistes de la presse multimédia, le directeur national des assurances au Cameroun, Blaise Ezo’o Engolo, a tenu à ce que les citoyens et assureurs soient rassurés sur le avantages des multiples réformes en cours dans le monde des assurances sur le triangle national.

 

On entend de plus en plus parler de IDA, dans le secteur de l’assurance automobile au Cameroun. Qu’est ce que c’est au juste ?

La convention IDA (Indemnisation direct des assurés), c’est un système qui permet d’accélérer les sinistres, notamment les petits sinistres, pour lesquels on n’a pas besoin de tout le long et lourd processus de détermination des responsabilités.

Il s’agit d’aboutir à un système où, une fois qu’il y a un accident de moins d’importance que nous fixons à à peu prêt 500.000 francs CFA, on va tout faire pour accélérer l’indemnisation. Ce mécanisme évacue les lourdeurs, les blocages, qui faisaient que ça trainait. Ces blocages étaient en premier chef, la recherche des responsabilités à travers les institutions, les organes étatiques qui sont en charge de la police, de la gendarmerie (les officiers assermentés) pour constater et établir les responsabilités.

Le système voudrait donc que chaque fois qu’il y a ce genre de petits accidents qui représentent plus de 80 à 90% des accidents de la circulation, et qui ont l’impact le plus fort sur la perception de l’assurance, on peut premièrement, faire l’économie d’appeler les constatateurs officiels. Pour cela, on a mis en place, ce qu’on appelle, le constat amiable. Cela consiste en ce que les deux protagonistes remplissent eux-mêmes les fiches de constat, font les photos et les envoient à leurs assureurs, pour la réparation. Ce sera aux assureurs en back office, de régler le problème, en déterminant au préalable qui a tort ou qui a raison.

Concrètement, comment se passe la réparation ?

Toutes les compagnies doivent signer cette convention. En temps normal, c’est l’assureur du fautif qui doit réparer les dommage, mais avec la convention IDA, chaque assureur s’occupe de son client. C’est d’ailleurs pour cela qu’on parle d’indemnisation direct des assurés. Et pour que cela réussisse, les assureurs doivent mobiliser les éléments qui permettent que les contestations ne fleurissent pas beaucoup. Ainsi tous déposent une caution dans un compte; c’est 25.000.000 de francs CFA par compagnie, dans un compte, pour éviter les disputes inutiles. Quand les assureurs impliqués dans le sinistre ne s’entendent pas, on extrait les frais de réparation dans ladite caution, avant de le remplacer plus tard. Ceci dans la mesure où la caution est reconstituée de manière continuelle. Chaque assureur a le devoir de remettre à chacun de ses clients, une fiche de constat amiable.

 

En quoi consiste la plateforme de digitalisation de l’ensemble des opérations d’assurances au Cameroun, que vous avez présenté à Douala, le 17 septembre 2020 ?

Plusieurs maux minent le monde des assurances au Cameroun: la sous-tarification, les fausses attestations d’assurance. En fait lorsqu’il y a obligation d’assurance, il y a aussi obligation d’assuré et un tarif obligatoire. Si l’un de ces éléments est enlevé, le système ne fonctionne pas.

Obligation d’assurance. Je suis obligé de m’assurer. Mais si les assureurs ne m’assurent pas, je fais comment ? L’Etat me pourchasse en me demandant d’être assuré.  Quand je vais chez les assureurs, il ne le font pas. Je fais donc comment ? Si je peux m’assurer à 100 francs CFA (c’est un exemple), qui ne représente rien par rapport au dommage que je peux causer à autrui, je le ferai. L’Etat se retrouve donc dans l’obligation de fixer un prix, un prix minimum, pour que le système soit pertinent.

 

Que gagne l’assureur en faisant partie de cette plateforme ?

Un assureur faussaire gagne tout. Commençons par son chiffre d’affaire. Puisqu’il vendait moins chère, aujourd’hui il va vendre au prix homologué. Puisqu’il encaissait les fausses attestations, aujourd’hui, il y aura plus de fausses attestations. Puisqu’il encaissait des antidatés, aujourd’hui il n’aura plus d’antidaté. Tout le système est bénéfique pour tout le monde.  Mais personne n’aura plus la possibilité de faire ce qu’elle faisait avant.

Donc on va les mettre tous au même pied d’égalité. Je n’aurais plus peur de vendre au prix homologué parce que l’autre ne pourra pas vendre à un prix bas. La concurrence qui entrainait les gens à faire n’importe quoi, à vendre des fausses assurances et moins chère, sera évacuer. Elle va se déporter sur la qualité de service et le rendement.

De toutes les façons, l’enthousiasme est là, même les faussaires qui risquaient beaucoup, se réjouissent de cette innovation. Tous ont intérêt à se mettre au pas. L’administration fiscale sera sur la plateforme avec tous les assureurs. Nous allons mettre les verrous pour que tout soit vendu au prix homologué.

Propos recueillis par Arnaud Kevin Ngano

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