Babadjou : « Si le projet « EDU-Cash 6 » n’avait pas existé, il aurait fallu qu’on le créée »

Gisèle Tsangue, Maire de Babadjou, souhaite que le projet « EDU-Cash » qui a soutenu plus de 200 enfants déplacés et 10 ménages vulnérables dans la commune de Babadjou, reviennent continuer à assurer le bien-être de cette population coincé depuis plus de 4 ans, entre les deux régions anglophones en crise au Cameroun.

Quel est l’impact du projet « EDU-Cash 6 » dans votre commune ?

Il faut d’abord qu’on comprenne la particularité de cette commune, le problème que nous avons. La commune se retrouve enfermée entre deux régions. Malheureusement ce sont des régions en crise actuellement. Pendant qu’on parle dans les autres régions de densité dans les écoles, de population qui est passée du simple au double, la nôtre s’est multipliée par 10. Nous sommes l’une des communes qui est au front. 

Donc si le projet «EDU-Cash 6 » n’avait pas existé, il aurait fallu qu’on le créée pour la commune de Babadjou. Comprenez que la population de Babadjou souffre beaucoup, ce qui la rend très fragile et vulnérable. Voir la détresse de nos frères et sœurs du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, qui arrivent en fuyant les affres de l’instabilité de ce côté-là, nous affecte psychologiquement. De plus, les maigres ressources que nous avions et qui ne nous suffisaient même pas, nous sommes obligés aujourd’hui de les partager chacun avec 10 autres personnes. Cela prouve que nous sommes dans un sérieux besoin.

Séance de travail entre Gisèle Tsangue, maire de la commune de Babadjou, une délégation du Minas et des représentant de la section PAC de l’Unicef-Cameroun. ©: A.K.N.

Ce projet est la bienvenue parce que depuis qu’il est là, nous sommes vraiment soutenus. Il y a déjà leur présence sur le terrain. Ils sont venus et ils se sont installés. Ce n’est pas un projet installé dans une autre ville et qui télécommande les activités à distance.  Ils sont au jour le jour avec nous. Ils sont entrés sur le terrain, ils ont fouillé, ils ont pris un échantillon de la population, ils ont trié dans cet échantillon-là, un certain nombre de personnes les plus vulnérables, à travers un système de sélection assez objectif.  Grâce à « EDU-Cash 6 », la misère que nous vivions davantage à partir du début de la crise dans les régions anglophones, s’est assez adoucis.

Qu’est-ce qui a été concrètement fait à travers le projet « EDU-Cash 6 » ?

 Il y a eu plus de 200 familles de déplacés qui ont bénéficié du soutien de transfert de cash pour pouvoir s’occuper de l’éducation des enfants.  En dehors de cela, il y a aussi une dizaine de familles vulnérables qui a été sélectionnée pour être aidé financièrement. Ces 10 familles hôtes, ont pu mettre sur pied, des activités génératrices de revenu. A travers le projet « EDU-Cash 6 », des causeries éducatives ont également été menées sur le terrain. Elles portaient entre autre sur les droits de l’enfant, la cohabitation, l’éducation de la jeune fille et des garçons.

Cérémonie d’inauguration toilettes, du forage de l’école publique bilingue de Babadjou, présidée par Gisèle Tsangue, maire de la commune de Babadjou. ©: A.K.N.

Ainsi en étant reconnaissant envers le projet, nous remercions le Fonds des nations unies pour l’enfance (Unicef), mais surtout tirons-nous un coup de chapeau au gouvernement camerounais. Voyez-vous, le fait que le ministère des affaires sociales qui représente le président de la république du Cameroun, descende ici pendant que nous sommes en détresse, allège une partie de nos peines et nous fait comprendre que nous ne sommes pas seul. C’est déjà une bonne partie de la résolution de nos problèmes.

Votre satisfaction donne l’impression que tout va pour le mieux désormais Mme le Maire …

Ne le percevez pas ainsi… Vous connaissez certainement l’adage selon lequel : « qui dit merci, en redemande encore ». L’organisation chargée d’implémenter le projet a vu toutes nos souffrances, et a constaté que nos besoins sont immenses. Ils ont déjà beaucoup fait certes, mais cela ne suffit pas. Nous souhaitons qu’au départ d’ici, ils puissent encore revenir. Ils connaissent tout ce que nous avons comme problème. Ils savent jusqu’où ils sont allés, qu’ils continuent c’est notre souhait.  

Propos recueillis avec Celcom/Minas

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