Bafia-Ngoro : Sur la route, « les gendarmes encaissent pas moins de 200.000 francs CFA par jour »

Moto-taximen, agriculteurs, Chauffeurs de camion ou simple passant conduisant une moto, sont obligés de payer de l’argent quand ils traversent les barrières érigées par les élément de la compagnie de gendarmerie de Bafia dans le Mbam et Inoubou, et ceux de la brigade de gendarmerie de Ngoro, dans le Mbam et Kim.

« Tu crois que nous sommes sous le soleil pour toi ? Depuis le matin tu ne fais que dire que tu arrives. Cette fois ci, tu ne passes pas tant que tu n’as pas donné… » Ainsi s’exprime un gendarme de la compagnie de Bafia, au moto-taximan qui nous transporte en fin d’après-midi du mardi 13 août 2019, pour le bord du fleuve « Guerima », séparant le département du Mbam et Inoubou, du Mbam et Kim. On est pourtant encore à la sortie de Bafia, dans l’embranchement qui mène à « Gnamongo ».

Le moto-taximan qui n’a fait que durcir jusqu’à présent, va remettre un billet de 500 francs CFA au gendarme en question, avant de passer. D’autres conducteurs sont aussi soumis au même traitement par la suite. « C’est la règle ici. Papiers ou pas papiers, on paie 500 francs CFA aux gendarmes, 100 à 200 francs CFA à la mairie. De l’autre côté du bord, c’est plus », lance le conducteur de mototaxi, l’ère désespéré.

Plus dur avant d’entrer à Ngoro

Après avoir traversé le fleuve, on est accueilli par les éléments de la brigade terre de Ngoro, qui prennent 1.000 francs CFA par jour à chaque « bensikineurs ». Les victimes ne sont pas seulement ceux qui ont fait de la conduite de l’engin à deux roues un métier, mais aussi les parents qui partent au champ à l’aide de leur moto. « Si vous ne payez pas les 1.000 francs CFA, on retient votre moto, qu’on amène parfois à la brigade, pour vous pousser à payer 25.000 ou 50.000 francs CFA », révèle Ousman, enseignant vivant à Ngoro, qui fait également savoir que « de nombreux habitants sont obligés de garer leur moto, étant donné qu’ils sont traqués par les éléments des forces de maintien de l’ordre, en ce moment difficile ».

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Ces éléments de la brigade de Ngoro ( 6 seulement ), opèrent quotidiennement sur trois barrière au tour de la localité. A en croire les habitants de Ngoro et les usagers de cette route enclavée, « chaque barrière peut collecter 200.000 francs CFA par jour ». Pendant que les moto-taxis paient 1.000 francs CFA, « les camions en fonction de leur tonnage, déboursent à partir de 2.000 francs CFA. Les véhicules transportant de la nourriture, paient pas moins de 5.000 francs CFA » dit Léonard, moto-taximan.

Ce comportement pourtant décrié par le Secrétariat d’Etat à la défense en charge de la gendarmerie (SED), est « au cœur d’une multitude de problèmes que traverse la population de l’arrondissement de Ngoro », précise Ousman, professeur des lycées d’enseignement général. Ce qu’il appelle « arnaque », vient ainsi s’ajouter aux mauvais états de la route, pour empêcher l’évacuation des malades, et des vivres frais, produits de la principale activité dans l’arrondissement. Et pourtant ces gendarmes sont attendus sur le terrain de la lutte contre la consommation de la drogue et des stupéfiants, un véritable fléau en milieu jeune à Ngoro.

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Arnaud Kévin Ngano

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