Betare Oya: bras de fer entre administration et populations

L’annonce lancinante de la création de l’Unité forestière d’aménagement (UFA) dans des localités de l’arrondissement de Betare Oya, département du Lom et Djerem à l’Est-Cameroun, est au cœur d’un conflit entre les habitants et les autorités administratives.

 

« Nous refusons l’UFA. On ne veut pas ça chez nous »! Ces paroles sont prononcées par les chefs des villages Liguim et “tête d’éléphant”, dans le canton Mbitom. Ils s’opposent farouchement, à la création de l’Unité forestière d’aménagement, au nom des populations qu’ils représentent. On dirait qu’ils se sont passé le mot.

Liguim: Un village perdu dans la forêt. Octobre 2020 (c): A.K.N.

L’UFA a mauvaise presse, apprend on. « Juste à côté de nous où UFA est installé depuis plus de 20 ans, rien n’évolue », lance Sylvain Atangana, secrétaire général à la chefferie du village Liguim et notable. Ce que ne contre dit pas Alfred Banda, leader de l’association des jeunes de Mbitom. « Quand l’UFA arrive quelque part, nous savons ce qui se passe dans cet endroit là », précise-t-il.

Alfred Banda a souvent mobilisé des jeunes pour observer un sit-in, avec des pancartes sur lesquelles sont écrit: “Non à l’UFA, oui à la forêt communautaire”. Mais à chaque fois, les manifestants sont brutalisés et intimidé.

Guerre forêt communautaire contre Unité forestière. Octobre 2020. (c): A.K.N.

Pareil pour les journalistes descendu sur les lieux pour collecter les informations. Ils ont été interpelés par la gendarmerie, avant de faire l’objet d’un interrogatoire, et les vidéos pris sur le terrain, écrasées, sous instruction du préfet du Lom et djerem, Yves Bertrand Awoufac Alienou.

Malgré toutes ces violences utilisées par les autorités administratives de cette partie de la région de l’Est du Cameroun pour imposer la création de l’UFA, les villageois sont déterminés à s’accrocher aux forêts communautaires. « Nous ne sommes pas en 1944, pour que quelqu’un vienne nous dicter ce qu’on doit faire. Il faut laisser les paysans vivre en paix », souligne sa majesté Germain Sodea, chef du village “tête d’éléphant”.

Quelques leaders du village “tête d’éléphant” autour de leur chef. Octobre 2020. (c): A.K.N.

Ainsi, les habitants des trois localités à savoir Liguim, tête d’éléphant et Mbitom dans l’arrondissement de Betare Oya, sont ouvertement contre l’Unité forestière d’aménagement.

 

Arnaud kevin Ngano

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