Cameroun: l’avenir des enfants, en danger !

Des bandes armées semant le trouble et le désordre dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest au Cameroun, font des écoles, des cibles de violence. 

Jeudi 5 novembre 2020 en après midi, 11 enseignants kidnappés le 3 novembre courant à l’école primaire presbytérienne de Kumbo dans la région du Nord-Ouest du Cameroun, sont libérés. « Ils ont été relâchés par leurs ravisseurs sous la pression de la société civile dont les syndicats des enseignants et de l’église presbytérienne et sans contrepartie financière », a affirmé Samuel Fonki, chef de l’Église presbytérienne du Cameroun.

Pourtant des informations évoquant la réclamation du versement d’une rançon aux séparatistes, contre leur libération, ont circulé.

La veille, des hommes armés ont attaqué le “Kulu Memorial College” à Limbe, dans la région du Sud-ouest. Enseignants et élèves ont été molestés, puis chassés de l’école après avoir été déshabillés complètement. Les assaillants ont par la suite incendiés des salles de classe.

Salle de classe attaquée le 24 octobre 2020, à Kumba

Quelques jours avant, précisément le 24 octobre 2020, dans la même région, à Kumba notamment, un groupe de personnes armées tue froidement 7 apprenants du complexe scolaire privé dénommé Mother Francisca International Bilingual Academy. La scène se déroule à 11heures du matin, ce samedi là.

Autant de menaces et violences qui poussent le Fonds des nations unies pour l’enfance (Unicef), à tirer la sonnette d’alarme. « Des milliers d’enfants vivent dans la peur et nombre de parents craignent d’envoyer leur progéniture à l’école dans le climat qui prévaut dans les deux régions », dit Jacques Boyer, représentant Unicef au Cameroun, interviewé vendredi 6 novembre 2020, par radio France internationale.

« Ces attaques sont inacceptables », déclare Marie Pierre Poirier, Directrice régionale de l’Unicef pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Pour elle, « les écoles sont des lieux d’apprentissage où les enfants doivent se sentir en sécurité et protégés ».

Il y a un an, cette agence de l’organisation des nations unies, a fait le constat selon lequel, « l’insécurité qui se répand dans le nord-ouest et le sud-ouest du Cameroun a forcé plus de 4.400 écoles à fermer dans ces zones ». Aujourd’hui, « plus de 1.100.000 enfants sont non scolarisé au Cameroun», à cause de la guerre sanglante qui oppose les forces de sécurité et des groupes armés depuis près de 4 ans.

La vie est sacrée, l’enfant à droit à l’éducation. Octobre 2020

Cette situation qui perdure, expose les enfants à « un plus grand risque d’être recrutés par des groupes armés, de se marier, d’avoir des grossesses précoces et d’être victimes d’autres formes d’exploitation et de maltraitance », explique l’Unicef« Nous appelons toutes les parties à protéger tous les enfants, à l’école ou dans leurs communautés, et à respecter les principes de la déclaration sur la sécurité dans les écoles », précise Marie Pierre Poirier, dans le communiqué rendu publique le 6 novembre 2020.

« Sans une action urgente et sans un engagement de toutes les parties au conflit à protéger l’éducation sous toutes ses formes, l’avenir de ces enfants est en danger » avait déjà annoncé Henrietta Fore, la Directrice exécutive de l’Unicef, dans un communiqué en novembre 2019.

Arnaud Kevin Ngano

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