Cameroun-“Mon Université à 200 Fcfa”: Laurice S. Eloundou fait le bilan du projet

Les jeunes de la Région de l’Est ainsi que l’ensemble des élites et population de cette partie du Pays caressent le rêve de voir monter les édifices d’une Université Polytechnique du Soleil Levant.

Le projet est en cours depuis 2016. 40 hectares de terrain ont été déjà rétrocédés par les autochtones aux initiateurs du projet pour la construction des bâtiments. Depuis lors, ces jeunes multiplient les actions synergiques auprès des autorités pour accélérer le processus d’atteinte de leurs objectifs. Le porteur de ce projet a récemment exposé devant les autorités locales à Abong-Mbang dans le Departement du Haut-Nyong.

Laurice Serge Eteki Eloundou est l’invité semaine de la Rédaction….

Entretien coordonné  par Brice Ngolzock

 

1-        Vous venez de présenter devant les élus communaux du département du haut-Nyong, le projet d’une Université à 200F CFA. De quoi s’agit-il concrètement ?  

Effectivement l’équipe de pilotage du projet « Mon Université à 200F » s’est rendue à Abong-Mbang le 27 décembre dernier à la demande du Maire de cette Commune, Monsieur Oyal Charmant, présenter le projet aux conseillers municipaux de la commune, en présence des autorités administratives du département du haut-Nyong et de tous les Chefs traditionnels de cet Arrondissement.

 

En effet, face à l’accélération de la décentralisation dans le but de lutter efficacement contre la pauvreté, la nécessité pour les populations de participer activement à la construction de la nation apparaît de plus en plus pour le Chef de l’Etat, comme l’une des conditions premières du projet d’émergence du Cameroun qu’il a érigé en cause nationale. Fort donc de tout cela et vu les difficultés socioéconomiques dont fait face le pays actuellement et sachant le rôle indispensable de la connaissance dans le processus de développement économique et social d’une société, un groupe de jeunes des quatre départements de la région a initié ce projet qui vise, à travers un élan de solidarité et de générosité régionale et nationale, à mobiliser auprès d’au moins un million d’originaires, ressortissants, amis et sympathisants de la région de l’Est, le montant minimum de deux cent francs (200 F FCA) par personne physique pour la construction des premières infrastructures de l’Université du Soleil Levant adaptée aux besoins de notre environnement qui sera remise à l’Etat du Cameroun pour la transformation structurelle de cette région. Comme entre autres innovations de ce projet, il sera construit une stèle au cœur de l’Université sur laquelle seront inscrits en lettres d’or, les noms de tous ceux et celles qui auront contribué à la réalisation de ce projet afin que les générations futures gardent de nous le souvenir d’une génération qui se sera battue pour la bonne cause.

Voilà pourquoi, ayant entendu parler du projet et l’innovation qui soutend sa démarche, les représentants du peuple ont tenu à en savoir plus. Le projet leur a été présenté et quitus et soutien total ont été donnés à l’équipe pour mener à terme ce projet pour l’intérêt de toute la région.

 

2-         Comment est née cette initiative ? 

Le projet est né de la volonté de la jeunesse de l’Est-Cameroun, consciente du fait que le développement de cette région passe inéluctablement par une population bien formée et faiblement mobile, et, sachant les difficultés socioéconomiques auxquelles fait face le Cameroun en ce moment, a décidé d’initier ce projet pour permettre à la région de rattraper le retard accusé en termes de développement par rapport au reste des régions du pays. Nous rappelons que la région de l’Est regorge d’énormes ressources naturelles qui sont soit exploitées par les étrangers au détriment de l’Etat et des populations, soit exploitées de manière artisanale, soit alors pas du tout exploitées. L’une des raisons de cet état de choses est que les populations ne sont pas formées dans ces domaines et donc assistent impuissamment au pillage de leurs richesses.

L’Est partage avec le Congo le massif forestier du bassin du Congo et de ce fait se trouve au cœur des enjeux mondiaux en matière de préservation de l’environnement et de changement climatique. Qui mieux que les populations elles-mêmes pour veiller à la sauvegarde de ce patrimoine forestier mondial. Pour cela, il faut les former sur ces problématiques. La région de l’Est est la plus vaste du pays avec de grands espaces cultivables et une zone agro écologique favorable pour une agriculture intensive. Il faut donc pour ce cas, capaciter les populations sur les problématiques d’une agriculture climato-intelligente et dans l’agro-industrie. Au vu donc de tout ce qui précède, il apparait clairement que seule une Université spécialisée dans les mines, les sciences et l’ingénierie des ressources naturelles de la région, l’agriculture, l’environnement, l’entrepreneuriat, les NTIC, l’innovation…, jettera les bases de la transformation structurelle de cette région. 

 

3-         Aujourd’hui, quel est l’état d’avancement du projet ? 

Signalons déjà d’abord que le projet a un peu lambiné du fait de la réfraction de certains aînés et du scepticisme de certains de nos frères jeunes qui ont trouvé l’ambition démesurée et irréalisable. C’est grâce à la détermination des jeunes porteurs du projet et au soutien de l’écrasante majorité des ressortissants de l’Est que plusieurs activités ont pu être menées à ce jour.

Nous pouvons citer : 

1-         L’acquisition de 40 ha de terrain à Bertoua 2 pour la construction de l’Université ;

2-      L’ouverture d’un compte bancaire association pour le projet à la BICEC ;

3-         L’organisation de la cérémonie d’abandon des droits coutumiers pour disposer définitivement selon la tradition, du train à nous octroyer par les populations du quartier Yadia à bertoua 2 ;

 

4-         La production des plans et maquettes des premiers bâtiments de l’Université ;

5-         L’organisation de plusieurs manifestation en région pour faire connaitre le projet, notamment la participation au défilé de près de 300 jeunes et encadreurs dans les chefs-lieux des quatre départements de la Région de l’Est lors de la fête nationale de la jeunesse le 11 février 2018 ;

6-         La production des gadgets et autres supports de communication (chanson du projet, spot audio) pour la promotion du projet ;

7-         La communication autour du projet ;

8-         Le bornage  des 40 ha de terrain réservés pour l’Université ;

9-         La mise en place d’un service juridique pour contrôler les opérations de collecte des fonds ;

10-       La production des offres de formations adaptées aux spécificités de la région.

 

4-      Quelles sont les actions prioritaires pour cette nouvelle année ?  

 

Suite à plusieurs refus des autorités administratives de nous laisser nous déployer sur le terrain pour présenter le projet, mobiliser et sensibiliser les populations, nous avons finalement été reçus en audience le 21 décembre dernier par Monsieur le Gouverneur de la région de l’Est qui nous a donné son accord de principe de soutien institutionnel au projet. Cet accord de la plus haute autorité administrative de la région marque en quelque sorte un tournant décisif dans la réalisation de ce projet. Ainsi, comme action prioritaire pour la nouvelle année, nous allons : 

 

1-         finaliser la production des plans, devis et maquette définitifs de l’Université ;

2-         présenter le projet, les offres de formations et la stratégie de communication ;

3-         sensibiliser et mobiliser toute la population (surtout les plus sceptiques et réfractaires à l’initiative) pour la réalisation du projet ;

4-         mobiliser les ressources nécessaires pour lancer les travaux de construction des bâtiments témoins.

A travers le projet « Mon Université à 200F », nous voulons oser grand pour tous et réaliser grand avec tous.

 

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