Couverture vaccinale: 24% d’augmentation dans le Sud-Ouest

Le Financement d’urgence en cas de pandémie (PEF) de la banque mondiale, en plein bouclage, a permis de sauver des vies et de protéger des enfants contre des maladies mortelle évitable, dans la région du Sud-Ouest-Cameroun. 

Laskumbo à Idenau dans la région du Sud-Ouest, il fait beau temps ce samedi après midi. Dans des cuisines traditionnelles confondues aux maisons d’habitation, les femmes sont occupées à nettoyer des sacs de poissons frais devant être fumés. C’est leur activité principale au quotidien, pendant que les hommes sont à la pêche. Leurs enfants par contre, très nombreux par concession entièrement en “carabotte” (planches), déambulent dans tous les sens dans ce sous quartier côtier. Certains jouent au bord de la mer qui longe l’arrière de ces maisons.

A Laskumbo, toutes les maisons sont en bois. Idenau, novembre 2021. ©: A.K.N.
Les ressources financières des ménages reposent sur la pêche et les activités connexes à Idenau. Novembre 2021. ©: A.K.N.

Presque tous les habitants de cette partie d’Idenau, sont des déplacés, majoritairement étranger. Ainsi, des ghanéens, togolais, nigérians, maliens et camerounais se côtoient sur ce lieu, et semblent avoir épousés une culture commune. Ils n’accordent pas d’importance aux formations hospitalières. La crise anglophone et la maladie à coronavirus étant venu leur donner plus d’arguments pour fuir les hôpitaux.

Refus de la vaccination

« Pourquoi voulez vous que je défile à l’hôpital avec mes enfants ? Si je pars porter le Covid-19 là-bas, qui va encore s’occuper d’eux ? » Par cette réponse de Josephine, 24 ans et mère de 5 enfants, on comprend que les vaccinations de routine n’ont pas été respectés.  Surtout pour les 4 premiers, car le dernier qui a 2 ans, a bénéficié des descentes régulières menées par l’aire de santé d’Idenau, avec l’appui du Fonds des nations unies pour l’enfance (Unicef), sous le financement de la banque mondiale.

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Le fait est réel dans cette localité. « Très peu de parents acceptent de faire vacciner leurs enfants. Même ceux qui savent que cela participe à la prévention contre des maladies », témoigne Ferdinand Chai, Chef de l’aire de santé d’Idenau. Il ajoute qu’il a fallu mener un sérieux combat pour les convaincre, lors des descentes dans les domiciles. « Les femmes qui accouchent à la maison grâce au femme accoucheuses, ne font aucun vaccin aux bébé, déclare-t-il, nous avons réussi à changer certaines attitudes. » 

Un phénomène répandu

A Buea, Limbé et Tiko, les révélations faites par le personnel de santé, sont les mêmes. Au-delà de la crise anglophone et du Covid-19, les barrières culturelle sont aussi un frein à la couverture vaccinale dans la région du Sud-Ouest. C’est ce que dit Egbe, quand elle affirme que son mari lui interdit « de faire vacciner ses enfants, parce que ce n’est pas nécessaire. » Mais elle l’a fait en catimini, pour le bien du bébé.

Josephine: “Merci à l’Unicef et au gouvernement “. Idenau, novembre 2021. ©: A.K.N.

Le Financement d’urgence en cas de pandémie (PEF)de la banque mondiale (PEF) a permis d’identifier toutes les personnes réfractaires, et de les convaincre à vacciner les enfants. « En leur précisant limportance de la vaccination, nous avons infiltré ces communautés pour les sensibiliser. Nos collaborateurs sont allés les trouver chez eux, pour les vacciner, grâce au projet qui vient de s’achever », affirme Dr Daniel Nebongo, cadre d’appui à la section de prestation de service de vaccination et point focal des activités du Programme élargi de vaccination (PEV) dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Les statistiques

Selon cet expert, le taux de vaccination dans la région du Sud-Ouest, a augmenté de 24%, grâce au PEF. En effet, avant la transformation de l’instabilité sociopolitique dans les régions anglophones en conflits armés, la couverture vaccinale dans la région du Sud-Ouest était de 90%. Dr Nebongo explique qu’en 2018, au début des conflits armés, cela a d’abord chuté de 35% ( passé de 90% à 55%), puis de 12% (soit de 55% à 43%) entre 2019 et 2020, avec l’arrivée de la maladie à coronavirus.

Lorsque le projet de Financement d’urgence en cas de pandémie (PEF) est lancé, de nombreux efforts sont fournis pour relever la pente. Cela porte les fruits escomptés, puisqu’on va passer de 43% à 66,8%. A cet allure, les acteurs de la santé dans les localité de cette partie du pays, sont convaincu que ces chiffres seront améliorés davantage, si le programme se poursuit.

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Arnaud Kevin Ngano

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