Crise anglophone-Aide aux sinistrés: des dons « empoisonnés »

Déjà plusieurs années, et la crise que subit la zone anglophone du Cameroun, ne cesse de s’empirer. Les sinistrés ne font que croitre et pour leur venir en aide, l’Etat semble ménager plus d’efforts dans les besoins alimentaires. Cet effort est-il une solution au problème auquel font face ces hommes, femmes et enfants qui perdent biens et vie ?

« A quoi sert-il de nous engraisser comme des bêtes sauvages, pour nous assassiner après. Nous voulons que cette situation cesse. Que le gouvernement se concentre à résoudre cette crise, que de dilapider des biens, pour dire après que cet argent a été utilisé pour les sinistrés. Arrêtez, nous savons que c’est juste une technique pour faire manger un groupuscule de personnes », fustige Agbor Precious, étudiante en lettre bilingue, sinistré de Bamenda. Les populations semblent ne pas apprécier cette action humanitaire.

Plus de 50 camions chargés de denrées alimentaires, de matériel de couchage, de matériaux de construction et d’ustensiles de cuisine ont été convoyés dans les régions anglophones, le 13 juin dernier. Ces dons destinés à venir en aide à 75.000 déplacés internes dans un pays où le nombre de déplacés atteint plus de 500.000 personnes. Bien plus, la Chine, vendredi 09 août 2019 à Douala, a offert un don d’une hauteur de 1,6 milliards de francs CFA en aide humanitaire au Cameroun. Cette aide de l’Empire du Milieu intervient dans le cadre du plan humanitaire d’urgence dans les régions du Sud-Ouest et Nord-Ouest. Un plan lancé par le président de la République, Paul Biya, en juin 2018. Un programme auquel le gouvernement chinois a décidé de s’associer.

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Pourquoi ne pas s’associer pour la médiatisation, le dialogue ? Partager avec le Cameroun des expériences en cas d’une telle crise. Plusieurs se sont essayés, mais le gouvernement ne semble pas être en accord. Il faudrait que le président s’abaisse, soit humble pour mettre un terme à ce conflit. Le peuple a juste besoin de paix, pas d’un silence de cimetière. Comme le mentionnait si bien l’ex ministre de la communication, le 27 juin 2004, à la chaine Radio Magic Fm: « il y a paix, c’est la paix de cimétière. » Pourquoi ne pas offrir au peuple ce dont il a besoin. Pendant que certains passent le temps à envoyer leurs complices à «Kondengui » et réfléchissent à faucher les régionales par une décentralisation apparente, certains pensent à résoudre la crise anglophone.

« Mon peuple meurt, il souffre et nous nous livrons à des jeux ici à Yaoundé. On devrait être prudent », a déclaré chief Nfon Mukete, le sénateur RDPC pour le sud-ouest. C’était le 5 avril dernier, lors de la séance plénière d’adoption de la loi fixant le nombre de conseillers régionaux par régions. Il se trouvait dépassé et meurtri par de tels actes de son parti. Le parti du chairman Ni John Fru Ndi le 10 aout dernier, s’est réuni à Douala pour un appel à résoudre cette crise avant les élections en vue. « il incombe à M. Biya non seulement de mettre un terme à cette guerre civile. Mais également, de créer un environnement propice pour une rentrée scolaire effective en septembre prochain. Ainsi que la tenue des futures élections locales, faute de quoi, le SDF se trouvera dans l’obligation de suspendre la participation de ses parlementaires à la session de novembre 2019, tant à l’Assemblée nationale qu’au Sénat », indique le communiqué rendu public à la fin des travaux du SDF.

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De telles réflexions et déclarations montrent à quel point ces partis sont déterminés à résoudre cette crise. Pas seulement en engraissant les populations par des dons, mais en cherchant des solutions aux problèmes. N’est-il pas écrit dans la bible « l’homme ne vivra pas de pain seulement mais de toute parole qui provient de la bouche du père » ? Ces paroles doivent nous amener à comprendre que le corps humain a besoin de paix interne, de tranquillité pour survivre. Car, sans cela la vie n’est rien.

La solution à la crise socio-politique du Cameroun, dite « crise anglophone » n’est pas l’aide humanitaire composée de denrées alimentaires, du matériel vestimentaire ou de sac de couchage. Mais plutôt le retour au calme dans ces zones. Les enfants ont besoin de s’instruire, de courir dans les rues de leur ville, de grandir avec leur famille et d’apporter leur pierre de participation au développement

Joël Godjé Mana, stagiaire.

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