Crise anglophone : “Médecins sans frontières” rejette les accusations de complicité

L’organisation humanitaire internationale estime que les patients et son personnel, sont « en danger grave et immédiat » au Cameroun, depuis la publication du communiqué de presse du ministère camerounais de la défense.

« La diffusion d’informations portant atteinte à notre réputation d’organisation #humanitaire neutre, impartiale et indépendante, met en danger la vie de nos équipes et de nos patients dans un contexte déjà très sensible ». Par ce post sur son compte twitter, “Médecins sans frontières” (MSF) appelle les uns et les autres à faire preuve de responsabilité dans leurs déclarations et publications relatives à ses activités au Cameroun.

L’organisation est suspectée d’être en collusion avec des rebelles dans la partie anglophone du pays. Ceci à la suite de son intervention médicale sur un blessé dans le Sud-ouest, en proie au conflit armé. Pourtant, selon “Médecins sans frontières”, « au Cameroun comme partout ailleurs, MSF traite les personnes sur la base des seuls besoins médicaux, indépendamment de leurs origines ou de leurs affiliations ».

Pas de discrimination

A en croire l’organisation, les personnes mises hors de combat par maladie, blessure, détention ou toute autre cause, sont en toutes circonstances, traitées avec humanité, sans aucune discrimination basée sur la race, la couleur, la religion ou les croyances, le sexe, la naissance ou la richesse. « Cette action médico-humanitaire impartiale et neutre, est notamment protégée par les conventions de Genève, qui précisent que les personnes qui ne participent pas directement aux hostilités, y compris les membres des forces armées, qui ont déposé les armes », révèle MSF.

« L’organisation a suivi les protocoles et les communications de ses références par ambulance, incluant celle du 26 décembre dernier », lit on sur le compte twitter de la branche Ouest africaine et centrale de “Médecins sans frontières”. Elle fait ainsi allusion au respect de la procédure des interventions en zone de conflit.

Ambulance arrêtée

Pour rappel : « dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 décembre 2021, le centre d’appels d’urgence de  @MSF a reçu un appel concernant une personne blessée ayant besoin d’une assistance médicale urgente dans la zone sanitaire de Tinto. » L’organisation poursuit en affirmant que « l’une de nos ambulances est parvenue à prendre en charge le patient au matin dans la zone d’Ashum. Etant donné son état grave, il a dû être transféré à #Mutengene via #Kumba pour y subir une intervention chirurgicale.»

Et même si @MSF avait au préalable contacté les autorités militaires locales, comme convenu et régulièrement appliqué pour les informer du transfert d’un patient blessé à Mutengene, spécifiant son âge et son sexe, comme requis, l’ambulance a été arrêtée par les forces de sécurité camerounaises, au point de contrôle de #Nguti, apprend on. Elle (l’ambulance) a été « contrainte de retourner à #Mamfe, où le patient a dû être traité et stabilisé. »

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Tellement cette situation est embarrassante et inquiétante, que “Médecins sans frontières” cherche à tout prix à clarifier les choses. « Depuis, nous sommes en contact avec les autorités pour comprendre l’origine des problèmes de communication relative à ce transfert de patient, afin d’éviter de nouveaux incidents de ce type avec nos ambulances », conclue l’organisation internationale.

Arnaud Kevin Ngano

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