Danger: la biodiversité est menacée d’extinction

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) signale son inquiétude au cours d’un atelier de formation à Mbankomo, à 25 km au sud-ouest de Yaoundé, la capitale du Cameroun.

« 50% d’espèces végétales dans les points chauds sélectionnés des écosystèmes montagneux et forestiers, sont en voie de disparition. 30 % de perte de la richesse florale de certains hauts plateaux sont enregistrés. Le même pourcentage de perte des mangroves dans les zones côtières et maritimes sont également enregistré. » La menace est sérieuse, la biodiversité est en danger, fait on constater mardi 22 juin 2021 à Mbankomo, lors de l’ouverture de l’atelier de formation des formateurs de la société civile, sur la valeur de la diversité biologique.

Aurelie Dingom Inspecteur N° 2 au ministère de l’environnement, de la protection de la nature et du développement durable: “agissons vite et dès maintenant pour la sauvegarde de la biodiversité au Cameroun”. Mbankomo, 22 juin 2021. ©: A.K.N.

« Le Cameroun, comme plusieurs autres pays du monde, enregistre une tendance régressive de sa biodiversité. Environ 10% des espèces végétales et 815 espèces sauvages sont menacées d’extinction » révèle Dr. Aurelie Dingom, Inspecteur N° 2 au ministère de l’environnement, de la protection de la nature et du développement durable. Elle précise que « le rythme de disparition des espèces est estimé dans le monde ces 200 dernières années entre 10 et 100 fois supérieur au rythme naturel d’extinction. Un rythme qui pourrait être supérieur de 100 à 1000 fois en 2050 ».

Renverser la courbe

Cette crainte que soulève le point focal Accès aux ressources génétiques et partage des avantages (APA) de la Convention sur la diversité biologique (CDB), anime aussi Clotilde Ngomba, Directrice nationale de WWF-Cameroun. Mais elle se veut plus optimiste. Raison pour laquelle, son organisation œuvre corps et âme, pour inverser la tendance. Ainsi va-t-elle relever que, l’objectif des assises de Mbankomo, est de trouver ensemble, le moyen idéal devant permettre « de réduire les pertes de la biodiversité, et reverser la courbe, c’est à dire partir du négatif vers le positif, avec la croissance de la biodiversité ».

Clotilde Ngomba, Directrice WWF-Cameroun: “Contribuons favorablement à la protection de la biodiversité”. Mbankomo, 22 juin 2021; ©: A.K.N.

La rencontre étant intéressante, la première journée des travaux a été assez houleuse. Formateurs et participants aussi bien en salle qu’en ligne, se sont impliqués à fond, dès la phase introductive, consacrée à la présentation du projet « New deal for nature & people ». Il est en fait question de faire de la problématique de la biodiversité, une question majeure au Cameroun, souligne Antoinette Nadège Kiboum, chef de ce projet au sein de la WWF-Cameroun. Elle soutient qu’il faut élaborer une démarche efficace, en vue de la préservation de la diversité biologique.

Maitriser les concepts

Une élaboration qui passe inéluctablement par la maîtrise du guide de sensibilisation des organisations de la société
civile sur l’importance de la biodiversité et la nécessité de sa préservation, décortiqué par la consultante Marie Madeleine Bassalang. Deux autres exposés portant sur la convention sur la biodiversité, ont pourtant prédécédé son passage.

Une quarantaine de participants à l’atelier de formation des formateurs (OSC) sur la valeur de la biodiversité et les techniques de plaidoyer en vue de sa préservation à Mbankomo, mardi 22 juin 2021. ©: A.K.N.

Celui présenté par Chouaibou Nchoutpouen secrétaire exécutif adjoint de la Commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac) et coordonnateur technique, et l’autre, par un représentant du ministère de l’environnement et de la protection de la nature. L’on retient que « nous faisons tous partie de la nature, donc nous devons agir de manière urgente pour la protection de la biodiversité ».

Au vue du déroulement de l’activité qui se poursuit mercredi 23 juin 2021 à Mbankomo, il est clair que le niveau d’information et de connaissance très faible sur la biodiversité et sa valeur pour le bien être humain, est en train d’être relevé, grâce au Fonds mondial pour la nature (WWF) et l’Agence française de développement (AFD).

Arnaud Kevin Ngano

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