Datajournalisme : Le Cameroun à la traîne

Une nouvelle pratique professionnelle du journalisme prend de plus en plus corps dans les médias du monde. C’est le “datajournalisme” ou journalisme des données, qui joue aujourd’hui un rôle clé au sein des rédactions sur la planète terre, pourtant le Cameroun accuse encore un sérieux retard.

Tous ne savent pas exactement à quoi cela renvoi, même s’ils sont convaincus qu’il s’agit d’une production journalistique. Une mini-enquête permet de faire le constat selon lequel, des historiens du présent ne font pas quotidiennement recourt au “datajournalisme”.

En effet, il est difficile de lire des articles mettant en exergue le “datajournalisme” en parcourant les presse écrites existant au Cameroun. Cette forme d’exercice du métier, consistant à manipuler les données, n’est pas encore véritablement pratiquée dans les rédaction au Cameroun. Ceux qui le pratique, le font délibérément.

La cause fondamentale : le manque de formation. C’est ce que pense le journaliste Paul Joel Kamtchang, pour qui, “il faut une formation en data journalisme, pour amener les professionnels de la presse à manipuler les données, non sans savoir ou les trouver et maîtriser les outils numériques qui permettent de les manipuler, les interpréter et les faire parler pour en faire des articles”.

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C’est une approche qui permet de facilement faire le tri des éléments à proposer aux lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs. En peu de mots, c’est l’art de filtrer le flux de d’informations. Et Philip Meyer, professeur émérite de l’université de Caroline du Nord à Chapel Hill de dire que “quand les informations étaient rares, l’essentiel de nos efforts se portait sur la recherche et la collecte. Maintenant qu’elles sont abondantes, le traitement des informations est devenu plus important. Nous traitons les informations à deux niveaux : 1) analyse, pour donner du sens et structurer le flot incessant de données, et 2) présentation, pour faire rentrer les informations importantes et pertinentes dans la tête du consommateur. Comme la science, le datajournalisme dévoile ses méthodes et présente ses découvertes de sorte qu’elles puissent être vérifiées par reproduction”.

David Anderton, un autre praticien et défenseur du datajournalisme, journaliste indépendant par profession, pense que “le datajournalisme fait le lien entre les statisticiens et les rédacteurs. Être capable d’identifier les tendances et les cas isolés n’est pas seulement important sur le plan statistique, c’est indispensable pour déconstruire le monde complexe dans lequel nous vivons aujourd’hui”. Cela peut contribuer à l’amélioration des conditions de vie, semble soutenir Tom Fries, de la fondation Bertelsmann : “Les informations tirées des médias papier et audiovisuels influencent les choix et les actions de nos concitoyens. Bien pratiqué, le datajournalisme aide à combattre la surabondance d’informations”.

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Arnaud Kévin Ngano

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