Développement de l’enfance: le soutien du gouvernement aux ménages à Babadjou

Une dizaine de ménages vulnérables dans l’arrondissement de Babadjou a désormais l’assurance de donner une éducation de qualité à sa progéniture.

« Il ne peut rien faire seule, je dois toujours l’avoir à côté de moi. Il a un problème mental », révèle Ernestine Piffo, 43 ans, pendant que son fils Ronny Konwo Tatiyem, marmotte apparemment en langue vernaculaire. Il gesticule et se tord dans tous les sens, non sans faire des vas et vient dans la cuisine, pendant que sa maman s’attèle à mettre le maïs au feu, pour en faire le «corn tchaf », un repas bien connu dans la partie Ouest du pays.

Ernestine Piffo, agricultrice vivant à Babadjou dans le département des Bamboutos, région de l’Ouest, raconte que Ronny « a fait 2 ans et 6 mois au sol avant de marcher. C’est d’ailleurs 3 ans après sa naissance, qu’il commence à bégayer et jusqu’à présent, il ne parle pas bien ».

Pas d’argent, pas d’école ?

Agé de 10 ans, Ronny Konwo Tatiyem est élève à l’école publique bilingue de Toumaka-Babadjou. Il est au Cours élémentaire 2, même s’il ne s’exprime pas comme ses camarades de classe. « Chaque matin je le lave, je l’apprête avant de l’accompagner à l’école » dit sa maman, l’ère désespérée. Elle aurait souhaité que son garçon soit à même de faire comme les enfants de son âge.

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Ce dernier fils d’une famille de 5 enfants, a été au centre des inquiétudes de ses parents, qui ont un instant craint qu’il ne fréquente pas l’école cette année, à cause de l’absence de moyens financier. René Eugène Tatiyem le père de Ronny, est maçon et Ernestine, la mère, agricultrice surtout de subsistance. Les deux parents affirment également que « la grande sœur de Ronny est plus malade que lui » et elle va aussi à l’école.

Une dizaine de ménages traversant ces mêmes difficultés dans l’arrondissement de Babadjou, a bénéficié d’appui financier du ministère des affaires sociales avec son partenaire Unicef, à travers le projet “EDU-Cash 6”. « La plupart des bénéficiaires qui ont eu ce cash transfert, ont acheté les fournitures scolaires de leurs enfants avant d’utiliser le reste de cette argent, pour mettre sur pied une activité qui va les autonomiser et leur permettre de continuer à payer l’éducation des enfants, s’ils ne bénéficient plus de ce projet », explique Delphine Naah, chef du centre social de Babadjou.

Une activité génératrice de revenu pour une éducation de qualité

Ainsi, la famille Tatiyem est l’une des 10 bénéficiaires d’appui pour les Activités génératrices de revenues (AGR). Ernestine Piffo affirme qu’elle a reçu une enveloppe de190.000 francs CFA. « Cet argent m’a permis d’envoyer Ronny à l’école, mais surtout d’acheter des poussins et leur nourriture. J’ai lancé l’élevage de 73 poussins, j’ai perdu 3 » dit-t-elle en souriant.

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Dans moins de 6 semaines selon elle, le poussin qu’elle a acheté à 1.500 francs, pourra être revendu à 3.000 ou 3.500 francs CFA. Le bénéfice lui permettra d’acheter plus de poussins qu’au précédent tour, et d’agrandir son activité. On peut désormais croire que son fils, qui est considéré dans le village comme le porte-monnaie de sa mère, n’abandonnera jamais l’école parce que les parents sont incapables de payer les frais et les cartables.

Le projet “EDU-Cash 6” dans la région de l’Ouest-Cameroun et précisément à Babadjou, a non seulement soutenu 10 ménages pour les AGR, mais surtout 200 élèves déplacés internes, dont 15% sont des enfants handicapés.

Arnaud Kevin Ngano

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