Dialogue national : la mise à l’écart des corps sociaux voile des tensions

Même si les politiques reconnaissent que la crise qui secoue les régions anglophones du Cameroun, fait suite aux mobilisations corporatistes ayant dégénérées, le mouvement syndical n’a pas été impliqué aux travaux de la grande rencontre de Yaoundé.

Aucune organisation syndicale, aucun leader de la société civile militante n’a été invité à participer aux assises du Grand dialogue national (GDN). Les 8 commissions ayant été mis en place pour cette palabre, sont constituées des élites des différentes régions, et beaucoup plus d’acteurs politiques. Un constat qui ne réjouit pas les syndicalistes.

“C’est assez surprenant, quand on sait que ce sont les syndicats d’enseignants, les avocats, qui se sont mobilisés en premier lieu pour faire des revendications, qui ont entrainées ce qui se passe aujourd’hui”, dit Jean Marc Bikoko, Président de la centrale syndicale du secteur public (CSP) et point focal du collectif Dynamique citoyenne au Cameroun. Antoinette Tangono épouse Ekoan, présidente de la Confédération camerounaise des travailleurs (CCT) et membre de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés du Cameroun, va dans le même sens. Pour elle, cela est “ahurissant. Il est presque impossible d’admettre que le monde syndical a été ècarté de ce moment important du Cameroun”.

Accusation

Un doigt accusateur est pointé sur le premier ministre, chef du gouvernement, Dion Joseph Ngute, qui dirige les travaux depuis le 30 septembre dernier. Le chef de l’Etat a instruit un dialogue inclusif, mais le premier ministre, a qui on a confié la responsabilité des débats, a délibérément décidé d’exclure la société civile et les organisations socioprofessionnelle”, affirme Pierre Nyemeck Ntamack, président de la Confédération générale des transports du Cameroun (Cgtc). Et cela n’est pas un fruit du hasard croit savoir Jean Marc Bikoko, pour qui, “cela est symptomatique des objectifs fixés pour ce forum ; le gouvernement a déjà tout défini à l’avance, et craint que nous venions faire chambouler les choses”.

En espérant que les assises de Yaoundé finisent par favoriser la résolution de l’instabilité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ces responsables des syndicats, prévoient tous, d’agir dans les jours à venir, pour montrer leur mécontentement.

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Arnaud Kévin Ngano

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