Discours du Chef de l’Etat : Un « je dis court » flatteur et fatigant.

 

Le Président de la République du Cameroun a une fois de plus ce 31 décembre pris rendez-vous avec la nation. Dans un discours court et peu satisfaisant pour le peuple, les camerounais ont vite fait de le prendre pour une routine flatteuse.

 

«Il parle d’une nouvelle tournure ou forme que prend notre pays. Il parle d’organiser un autre dialogue. Ou en sont  les retombés de celui passé? Il demande aux combattants du Nord et Sud-Ouest de baisser les armes et rappel que certains l’ont fait et sont encadrés aujourd’hui. Menace aux yeux de tous ceux qui réclament une cause pour le changement. Il parle d’une progression économique avec l’aide du FMI, BAD or nous savons tous comment ces fonds accordés sont gérés par le gouvernement. Nous sommes fatigués des flatteries et des beaux discours politiques.», s’exprime Brice B, habitant de la ville de Santa dans le Nord-Ouest. Des expressions qui illustrent bien l’amertume de ce citoyen. Le discours du chef de l’Etat bien que court a suscité beaucoup de commentaire et a été peu suivi et peu accueilli par le peuple.

 

« La démocratie c’est la majorité »

Pour certains, ceux qui ont pu suivre le discours, le président semblent s’adresser à la minorité. Or la démocratie voudrait que ce soit la majorité qui soit touchée et parvient à un accord général. « En démocratie on s’adresse à une majorité. On se rend compte qu’il  s’adresse finalement à ce qu’il nomme. La minorité qui l’a bien sûr bien  secoué en 2019 » commente Stéphane Mzié. En effet, pour cet homme de la  cinquantaine, ce discours fait par les délégations de signatures respire la fragilité, l’angoisse et veut accentuer la haine envers ce qu’il appelle « minorité ».

 

Pour d’autres rencontrés ce jour dans la ville de Buea, Kumba et à travers des discussions téléphoniques et sur les réseaux sociaux, ils rejettent en gros les menaces du président en vers les combattants qui refusent de déposer les armes. Car ces combattants veulent d’abord voire le changement sur leur terre. Il estime que les manifestations sont rendues illégales, parce qu’il y a non-respect de la démocratie. Les violences et les attaques personnelles ou haineuses sont l’œuvre des jeunes du Dja-et-Lobo et le contenu du discours du Président de la république aussi. Ce qui semble un peu exagéré mais illustre bien des faits.

 

Un souhait de bonne année

Le discours du Président, si court et évocateur des engagements que le gouvernement a eu tout le long de l’année semble peu satisfaisant. Mais quelques un sur l’étendue nationale, pense qu’il est prometteur. Car est pour le chef d’Etat un moyen de souhaiter une bonne année et ainsi ne peut que promettre des beaux jours. Les promesses pour lui et le rappel de certains faits critiques de l’année 2019 est un moyen de faire prendre conscience à la nation toute entière. Ainsi en attendant que l’année 2020 fasse chemin, il ne reste qu’à espérer que ce discours du président soit pratique et apporte des solutions à la crise anglophone et redonne confiance aux camerounais.

 

Joël Godjé Mana

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