Dr. Pierre Baleguel Nkot « la notoriété politique ne s’acquiert pas dans les médias »

Réélu pour un second mandat lors du huitième congrès de l’UPC tenu du 11 au 12 septembre 2021 au palais des congres de Yaoundé, le secrétaire général de l’Union des populations du Cameroun, fustige le comportement des politiciens camerounais qui “ont élu domicile” dans les radios et télévisions.

Dr Baleguel Nkot, quels sont vos défis prioritaires pour ce second mandat ?

De manière général nous allons nous atteler à relever le parti. Par ce que vous savez, les évènements passés et l’atterrissage de nouveaux partis sur la scène politique ont fait que l’UPC perde tout ce qu’elle avait en terme de représentation au niveau des institutions de la République. Mais au-delà de cela, nous voulons réimplanter l’UPC sur le triangle national en redynamisant tous nos démembrements et nos organes sur le terrain. Il est important de gagner du terrain et de faire comprendre aux camerounais que le salut de notre peuple ne peut passer que par le nationalisme. Il faudrait que désormais nous puissions faire confiance à nos intellectuels, à nos entreprises, à nos hommes d’affaires etc. Ce n’est que de cette façon que nous arriverons à relancer notre économie par ce qu’il est inadmissible que soixante ans après les indépendances nous soyons encore là à importer les cure-dents, les papiers hygiéniques. Voilà ce pourquoi nous nous battons.  

Au cours du congrès qui vous a élu on a noté des absences remarquables, Pr. Bahebeck et Hon Bapooh Lipot qui pouvaient être de bons challengers pour vous. Quel commentaire faites-vous à propos de ces absences ?

C’est décevant pour notre pays. La notoriété politique ne s’acquiert pas dans les médias, c’est pas que je dénigre le rôle des médias, mais je dis que, un parti politique c’est la base. Ceux qui vont de médias en médias pour bavarder à longueur de journée savent ce qu’ils y gagnent, mais moi je ne suis pas de ceux qui parlent beaucoup.

Ces noms que vous venez de citer, aller sur le terrain vous constaterez qu’ils n’ont pas de base. Au congrès ce sont les militants de la base qui votaient s’ils ne sont pas venus vous pouvez comprendre pourquoi. Au-delà de leur politique de la chaise vide, ils ont également engagé une campagne de boycott du congrès mais tout le monde a vu dans quelle ferveur les militants ont vécus ces deux jours de travaux, malgré toutes les rumeurs qu’ils ont fait circuler.  

Vous n’avez pas peur de vivre un autre mandat dans le tourment de la contestation et du bicéphalisme à la tête de l’UPC ?

Pourquoi devrais-je avoir peur ? Quand on s’engage en politique on s’attend à tout. Souvenez-vous, quand le président Paul Biya arrive au pouvoir, il passe par beaucoup d’épreuves, mais avec le temps et la résilience, il a fait asseoir son autorité. La politique c’est aussi ces malentendus le secret c’est tenir ferme et faire ce pourquoi les militants vous ont mandaté. Les querelles et les guerres intestines ne sont pas l’apanage de l’UPC dans tous les partis au monde ces différends existent.

Mais ces guerres intestines vous ont coutés votre absence aujourd’hui à l’assemblée nationale et dans les communes.

C’est vrai, mais je crois que cela ne va plus se reproduire, nous avons saisi la justice pour cela et le droit a été dit. Maintenant, il reste que l’Administration aussi respecte cette décision. Je crois que cette situation nous a aussi permis de repenser le parti pour que nous cessions d’être concentrer sur un ou deux département mais de conquérir tout le pays.

Que comptez-vous faire pour fédérer toutes les forces de l’UPC et réconcilier tous les militants ?

Je crois qu’il faudrait d’abord que ceux qui sont restés dehors aient l’humilité de comprendre qu’a un moment il faut s’aligner. On ne peut pas avoir quatre secrétaires généraux dans un parti. Qu’ils cessent de penser que s’ils n’ont pas de poste, le parti ne peut pas fonctionner. On va tout faire pour qu’ils comprennent que l’ordre et le reste des textes du parti doivent être respecter. D’ici peu, ils verront d’eux même que le parti s’est relancé de plus bel.

Vous êtes prêts à les accepter s’ils viennent se joindre à vous ?

L’UPC c’est leur parti; les portes leurs sont donc ouvertes. Mais nous n’allons pas accepter que des gens viennent installer le désordre dans nos rangs pour démobiliser nos militants. Nous demandons à nos camarades de la base de rester fermes et concentrés sur le défis à venir.

Propos recueillis par Innocent Sodong (stagiaire de l’Esstic)

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