Économie : le Cameroun, sur la voie d’un nouveau surrendettement

La dette publique du Cameroun ne fait que croitre et pourrait entrainer une crise dans quelques années.

Par Brice Ngolzok 

 

La dette publique du Cameroun s’élève à plus 6500 milliards de FCFA, soit pres de 39% du PIB. Un chiffre plutôt satisfaisant pour les autorités chargées de conduire les politiques publiques en la matière.  Car selon eux,  ce montant reste en dessous du plafond d’endettement de la sous région tablé à 70% du Pib de chaque État et du niveau moins  élevé du pays, par rapport aux États voisins. Notamment  comme la Guinee- Equatoriale, dont la dette publique avoisine les 50% en valeur relative ou encore le Gabon, avec plus de 50% de son revenu national.

 

Une soutenabilite de la dette qui n’est pas de nature à rassurer les instances internationales de la finance  comme le Fond Monétaire international (FMI) partenaire multilatéral du Cameroun. Malgré l’apport triennal de près de 400 milliards de FCFA, dans le cadre d’une facilite élargie de crédit, le FMI énonçait subrepticement en septembre 2017, lors de la visite de son Directeur adjoint, le japonais Mutsihiro Furuzawa en terre camerounaise, l’inquiétude de l’organisation sur l’avancée exponentielle de la dette du pays de Paul Biya.

Au centre de cette crainte selon de nombreux experts, la qualité et non la quantité de la dette du Cameroun au regard  de l’utilisation qui est faite, engages de façon quasi récurrente pour des projets quelques peu improductifs sur le court terme.

 

Ainsi, de nombreux projets structurants au Cameroun sont à l’occurrence à l’origine de cette accumulation de dettes improductives notamment les multiples barrages:  Memve’le ou Mekin dans la région du Sud, qui de façon cumulée,  devraient produire environ 200 mega watts.  Mais dont l’impréparation des projets et la pression due au retard du Cameroun face à ses engagements avec les différents bailleurs de fond financier ont conduit à l’arrêt des travaux de ces chantiers pourtant importants pour la mise sur pied d’une véritable industrialisation dans ce pays.

 

Tout comme le système hydroélectrique, les chantiers routiers eux aussi piétinent nonobstant, les milliers de milliards engloutis dans ce secteur dans les différents budgets annuels de l’État depuis d’une demi décennie.  Par conséquent, de la poche du contribuable camerounais sans réelle visibilité sur le terrain.

 

De nombreux échecs qui sur la base d’emprunts à court terme pour financer des projets à long terme réveillent bien à l’esprit les années sombres suite à la crise de la décade 1990. Il s’agissait là  des choix stratégiques et irrationnels opérés au cours de cette période qui ont malheureusement entraine une récession des finances publiques et deux dévaluations entre 1993 et 1994.

 

Une situation qui se dessine à nouveau à l’horizon.  Si le processus d’orientation de la dette n’est pas rapidement dressé pour générer au plus vite,  les gains attendus afin de ne plus augmenter ces emprunts et sombrer inéluctablement dans le chaos.

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