EDU-Cash 6: un projet qui fait revivre les familles

Après avoir bénéficié du soutien financier du ministère camerounais des affaires sociales en partenariat avec l’Unicef, Claudine Tchi Ngueka, est déterminée à offrir une bonne éducation à ses deux petits enfants handicapés visuels.

Debout sous un hangar, un épi de maïs en main, Achu Ngeh Ngouegni, 11 ans, albinos et malvoyante, aide sa grand-mère. Le tas d’épis de maïs que les deux personnes s’évertuent à égrainer en cette mi-journée du mardi 26 octobre 2021, servira à nourrir les poussins qu’élève la grand-mère de la fille.

Achu Ngeh Ngouegni vit en fait avec son petit frère Mike David Nola, 7 ans, ayant les même problèmes qu’elle, et Claudine Tchi Ngueka épouse Nolack, 46 ans, sa grand-mère. La famille est à Babadjou, dans le département des Bamboutos, région de l’Ouest au Cameroun.

Quotidien difficile

“Depuis la mort de mon défunt mari il y a 4 ans, le quotidien est devenu très difficile. Surtout qu’il est décédé après 5 ans de maladie: on était déjà épuisé financièrement”, déclare Claudine Tchi Ngueka. Elle a dû endurer des épreuves, payer les frais de scolarité de ses petits enfants vulnérables et subvenir à leurs besoins chaque jour, ont souvent été “compliqués“, révèle-t-elle. Il est arrivé des moment où l’arrêt de leur scolarisation a été envisagé.

Maman Claudine et la petite Brendon Achu à la maison à Babadjou le 26 octobre 2021. ©: A.K.N.

Heureusement, en mi-année scolaire 2020-2021, elle est épaulée par le ministère des affaires sociales et le Fonds des nations unies pour l’enfance (Unicef), à travers le projet “EDU-Cash 6”. La famille Nolack, fait donc partie des 10 ménages retenus dans l’arrondissement de Babadjou, localité logée entre les deux régions anglophones en crise au Cameroun.

Le sourire

Ce projet qui a permis de venir en aide à 200 élèves déplacés et 10 ménages les plus vulnérables, sélectionnés objectivement dans l’arrondissement, a pour but d’augmenter la fréquentation scolaire régulière et assurer une bonne éducation des enfants de cette unité territoriale, constituée de pas moins de 23 villages.

Ainsi dans le cadre de ce projet, Claudine Tchi Ngueka obtient une enveloppe de 190.000 francs CFA pour mener une Activité génératrice de revenu (AGR). “Avec la somme d’argent qu’on m’a donné, j’ai pu relancer le poulailler. Le bénéfice de la vente de poulets que vous voyez là, nous aide beaucoup”, raconte-t-elle, en souriant.

Déterminer à poursuivre l’activité

Lorsqu’elle a perçu l’argent au départ, elle a commencé avec 100 poussins, qu’elle va vendre 21 jours après. Elle achete 150 poussins par la suite, qu’elle est en train d’élever en ce moment.

Brendon Achu: fille brave malgré sa vulnérabilité. Babadjou le 26 octobre 2021. ©: A.K.N.

Pour rien au monde, elle ne peut négliger ou abandonner son activité, car dit-elle, “c’est cela qui nourrit la famille et permet de continuer à envoyer les enfants à l’école”. “Je voudrais aller jusqu’à 500 ou 700 poulets, pour véritablement être à l’abri du besoin, et assumer toutes les responsabilités”, ajoute-t-elle.

Des remerciements

La petite Brendon Achu Ngeh Ngouegni aujourd’hui en classe de 6e au Lycée bilingue de Babadjou, souvent victime de stigmatisation à cause de son albinisme et son petit frère, Mike David Nolack au Cours élémentaire 1 (C.E. 1) à l’école publique de Bamessing-Babadjou, peuvent désormais aller à l’école, en toute quiétude, si on s’en tient aux déclarations de maman Claudine.

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Cette famille profite d’ailleurs de l’opportunité, pour remercier le ministère des affaires sociales et l’Unicef, pour ce soutien, qualifié “d’occasion en or“.

Arnaud Kevin Ngano

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