Electricité : Yaoundé expérimente le ténébreux visage du monde rural

La Capitale est victime depuis quelques jours des réalités vécues de façon quotidienne par les périphéries et les localités de l’arrière-pays.

Avec seulement 21%, de taux d’accès à l’électricité en milieu rural, contre plus 93% en zone urbaine, selon le récent rapport sur le progrès énergétique publié en mai dernier, conjointement par l’ONU, la Banque mondiale, OMS et l’Agence Internationale pour les Energies Renouvelables(IRENA). Des chiffres qui susciterait l’émoi de la part du camerounais de la périphérie ou de l’arrière-pays, ceci face au courroux constaté d’une poignée de compatriotes pour quelques heures sans énergie électrique, mais plus encore une frustration de ces oubliés, convaincus de l’ignorance dans laquelle baigne les ‘’yaoundéens’’, quant aux réalités profondes des zones rurales, par ailleurs grenier agricole de ce pays.

Un oubli ou un égoïsme affiché des citadins du département du Mfoundi, peu alerte devant les cris stridents des habitants du monde rural, qui de façon constante, supplient, s’écrient, pleurent, se lamentent face au manque criard d’énergie électrique,sans que rien ne bouge véritablement depuis plusieurs années. Aucun impact, pas une once de changement effectuée par ce gouvernement, désormais tourné, plus que par le passé, sur les 180 Km2 de la ville siège des institutions. Cette superficie quasi insignifiante sur les 375 000 km2 du Cameroun, qui peut bénéficier de l’attention de ce gouvernement, prompt à résoudre sporadiquement les problèmes de cette cité, comme pour se donner l’illusion que les choses marchent, alors que la réalité se trouve hors de ce périmètre.

Une gestion partiale

La nocturne organisée le 13 août 2019, par René Emmanuel Sadi, Ministre de Communication du Cameroun, accompagné de son confrère de l’Eau et de l’Energie sous la forme d’un point de presse, constitue tout de même la dernière salve, suite à un ensemble de complaintes effectuées par les citadins de la ville aux sept collines. En effet, la sortie du porte-parole du gouvernement devant une poignée de médias, résulte d’une grammaire virulente de la part des privilégiés de la capitale qui ont crié au scandale après le désagrément survenu à un poste électrique situé au quartier Melen.

Des dénonciations légitimes pour la majorité des près de trois millions d’habitants, mais qui sans doute, apparait incompréhensible pour le paysan, le fonctionnaire, le commerçant installé en zone rurale, eux aussi régulièrement victimes pendant des semaines voire des mois de coupure intempestives d’électricité. Malheureusement la voix de ces laissés pour compte ne porte assez, afin que l’écho de celle-ci se fasse entendre au palais d’Etoudi.

Brice Ngolzok       

 

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