Enquête : L’itinéraire corrompu du sable au Cameroun

De nombreux rapaces gravitent autour de ce matériau de construction, devenu de plus en plus indispensable pour la réalisation d’infrastructures modernes.

1 heure du matin, carrefour du palais au quartier Etoudi à Yaoundé. Patrick Ongali, chauffeur de Camion est à bord de son véhicule 10 roues, prêt à emprunter la route pour la petite bourgade d’Ebebda, dans le département de la Lékié.

Tout comme le jeune chauffeur de 25 ans, de nombreux titulaires du permis de catégorie C, bravent eux-aussi les plus 75 kilomètres qui séparent Yaoundé à la localité d’Ebeda, siège par excellence du sable de type Sanaga. « Une vraie mine d’or, une vrai sesame » affirme Patrick Ongali, raison sans doute pour laquelle certains rapaces tentent de tirer avantages de cette exploitation quotidienne.

Les tracasseries avant la livraison

Bien que le chemin à l’aller soit aisé, avec juste quelques charges fiscales connues tel que le péage. Il faut y adjoindre d’autres coûts, à l’occurrence : les frais de commune qui s’élèvent à 3000 FCFA remis aux agents de la mairie, puis les frais de contrôle mixte (police et gendarmerie) dont les montants dépendent de l’humeur du Chef de poste mais c’est en moyenne 2000 FCFA par tour.

Il faut compléter à cela, des dessous de table destinés aux incontournables gendarmes routiers, véritables pacha de ce cercle vicieux de corruption, qui s’en tirent à chaque passage d’un camion chargé de sable avec sensiblement 5000 FCFA. Des montants certes importants mais en deçà des plus de 10.000 frs minimum qu’il faut donner au personnel en service au pont bascule installé dans le petit village de Mkometou, en guise de laisser passer pour traverser avec les granulats.

La rive de Balamba

Enfin de compte

C’est en moyenne 25000 FCFA de plus au-delà des frais fixes, qu’il faut débourser tout au long du parcours pour donner enfin la possibilité aux nombreuses bâtisses et autres édifices contenant du « sable Sanaga » de sortir de terre.

Une condition reste tout de même préalable pour les propriétaires ; le versement au comptant d’une somme d’environ 170.000 voire 200.000 FCFA en fonction de la saison et de la distance où se situe le chantier.

Brice Ngolzok

 

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