Enseignement: Les hommes fuient l’école maternelle

Alors que les deux sexes sont formés dans les écoles normales d’instituteurs, on ne retrouve que des maîtresses à la maternelle. Les maîtres préfèrent tenir les classes du primaire.

L’école maternelle est le premier milieu éducatif que les enfants côtoient une fois partis de la maison. Conformément à la loi d’orientation de l’éducation au Cameroun d’avril  1998, le cycle maternel dure deux ans quelque soit le sous-système choisi.

Le Dr Tchetgna Prosper est Instituteur principal de l’enseignement général (IPEG) de classe exceptionnelle et directeur d’un complexe scolaire bilingue. Pour lui, « L’école maternelle n’est que le prolongement d’un milieu très affectif dans lequel les enfants sont formés avec tact et méthode afin de leur donner le goût de l’école, ce qui les conduira aisément dans le cycle primaire ». C’est la raison pour laquelle dans l’école qu’il dirige, on ne retrouve des maîtres qu’à partir de la SIL (Section d’initiation à la lecture).

Selon cet instituteur qui jouit de 37 années d’expérience, les enfants sont tout petits et continuent à avoir besoin de l’affection maternelle. Ils aimeraient donc se faire dorloter comme à la maison, et cette tâche n’incombe qu’aux femmes, qui les comprennent mieux du fait d’être elle mêmes des mamans. Toutefois, il avoue n’avoir jamais reçu de candidature d’un homme désirant enseigner à la maternelle.

Les enfants en pleine séance de travail

Du côté des écoles maternelles publiques,  le contexte est un peu particulier. À l’école publique de Biyem-Assi par exemple, il n’y a pas d’homme enseignant à la maternelle. Les instituteurs sont affectés par  la délégation régionale du  ministère de l’Éducation de base pour le centre. Une fois sur place, ce sont les directeurs qui se chargent des les dispatcher dans les différentes salles de classe.

Selon les chiffres obtenus auprès du service de gestion prévisionnelle du ministère de l’éducation de base, plus 70% des instituteurs de l’enseignement général au Cameroun sont des femmes. La rareté des maîtres au cycle maternel en serait donc une conséquence logique. Néanmoins, il existe des hommes qui enseignent à la maternelle, quoique peu nombreux. Les enfants les appellent « Tonton la maîtresse ». Une source de la  Direction des enseignements maternel et primaire de ce ministère raconte une anecdote, « Nous avions fait l’expérience une fois de placer un homme à la maternelle. Les enfants pensaient que l’homme qui les enseignait était en fait le gardien de l’école ».

Edith Kowa (Stg)

 

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