Est-Cameroun : « Global affairs Canada » milite pour la fin de la carence en vitamine A chez les enfants

Grâce au financement de “Global affairs Canada” (une institution du gouvernement canadien) à travers le Fonds des nations unies pour l’enfance (Unicef), près de 344 000 enfants ont reçu la supplémentation en vitamine A dans la région de l’Est-Cameroun.

Vendredi 13 mai 2022 à Bétaré-Oya, Roxane, 17 ans et élève en classe de première A4 Allemand, va d’un ménage à un autre. En compagnie de deux autres jeunes, elle vaccine des enfants de moins de 5 ans contre la poliomyélite, non sans leur apporter la supplémentation en vitamine A. L’équipe doit atteindre 120 ménages avant 15 heures.  « Pendant cette campagne, j’utilise la vitamine A 100 000 UI et A 200 000 UI. La vitamine A 100 000 UI de couleur bleue, c’est pour les enfants de 6 à 11 mois, et la vitamine A 200 000 UI, je les donne aux enfants de 12 à 59 mois » déclare-t-elle.

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Dans cette localité minière, la malnutrition est une sérieuse préoccupation selon Archange Michel Angos, administrateur principal de santé publique, Chef de district de Bétaré Oya. Il fait savoir que plus de 31 000 enfants sont concernés par la supplémentation en vitamine A, dans ce département. C’est pour cela que « nous avons en moyenne 25 équipes pour pouvoir desservir tout le territoire concerné », dit-il.

Les crises sanitaires et sociopolitiques

Ces équipes font face à de nombreuses difficultés liées au contexte sanitaire mondial. « Les populations ont tendance à croire, qu’il s’agit de la vaccination contre le corona virus et c’est pour cela que beaucoup sont réticents », révèle le chef du district de santé de Bétaré-Oya. A cela s’ajoute le fait qu’il faut aller retrouver les enfants dans les sites d’exploitation d’or, où les parents passent toutes les journées, avec leur progéniture. Et dans chaque équipe, il y a un traducteur, étant donné que la plupart des habitants s’exprime en langue locale.

Grégoire Mvongo, gouverneur de la région de l’Est-Cameroun, a présidé le 13 mai 2022, le lancement de la campagne de vaccination des enfants contre la poliomyélite, associée à la supplémentation en vitamine A. ©: AKN

Pendant ce temps à Garoua-Boulaï, c’est le problème sécuritaire qui freine l’activité des vaccinateurs. « A cause de l’instabilité chez nos frères et voisins centrafricains, il y a des zones d’insécurité comme Zamboï, Borguene, Guiomté, Nlinrala, que nous ne parvenons pas à atteindre facilement », déclare Dr Sylvain Tchemaga, chef de district de santé de Garoua-Boulaï. Il avoue que leur « challenge, est de faire un plaidoyer auprès des autorités administratives, pour qu’ils mettent à leur disposition, les Forces de maintien de l’ordre (FMO), qui doivent les accompagner dans ces zones d’insécurité, pour qu’ils puissent atteindre leurs cibles ». Car, selon lui, dans les zones accessibles, c’est déjà un acquis.

Aucun refus, aucune confusion…

Dans le 8 aires de santé opérationnel de Garoua-Boulaï, le personnel médical utilise la vitamine A comme un appât, pour attirer les mamans à faire vacciner leurs enfants. « Quand les parents savent qu’il y a la vitamine, volontairement, ils viennent avec leurs enfants se faire vacciner », témoigne le patron du district de santé de Garoua-Boulaï. Les agents vaccinateurs et mobilisateurs rencontré sont unanimes : « Il n’y a pas de confusion, ni refus ou réticence jusqu’à présent ».

La vitamine A est comme le miel que nous mettons en avant pour attirer les enfants.

L’expérience permet d’ailleurs au Dr Sylvain Tchemaga, d’avouer que « quand c’est une campagne de vaccination simple -sans supplémentation en vitamine A- les chiffres ne sont pas aussi bons que quand il y a la supplémentation en vitamine A ». Cela semble être valable pour toute la région de l’Est. Ici, le taux de couverture en matière de supplémentation est souvent très élevé. Même s’il est vrai que l’objectif est d’atteindre 100 %.

Son importance

C’est du moins ce que laisse entendre Marius Sotto Njenkam, manager du programme nutrition à la délégation régionale de la santé de Bertoua : « Lors de la dernière campagne, nous avions environ 295 000 enfants à supplémenter dans la région. Les performances sont généralement fixées à 95% ». Ceci s’explique certainement par le fait qu’elle a un impact très positif sur la santé.

« La vitamine A est importante pour tous les enfants parce qu’elle renforce les défenses contre les maladies, ce que nous appelons l’immunité des enfants et en plus, détaille Dr Christine Charlotte Pouth, Coordonnatrice du groupe technique du Programme élargi de vaccination dans la région de l’Est, elle favorise la bonne croissance de l’enfant (il ne sera pas chétif, il aura une croissance harmonieuse) et protège également la vue. »

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Que ce soit pendant la campagne, ou en hors campagne, la vitamine A se donne gratuitement, grâce aux subventions des partenaires du gouvernement camerounais.  Pour cette année en cours, le Fonds mondial canadien participe à hauteur de 610 millions de francs CFA, dans cette lutte contre la carence en vitamine A. Un soutien applaudi par les responsables sanitaires, qui en demandent davantage.

Arnaud Kevin Ngano

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