Est-Cameroun : merci à « Global affairs Canada » et Unicef

Les parties prenantes à la dernière campagne des journées nationales de vaccination dans la région de l’Est, expriment leur gratitude au Fonds des nations unies pour l’enfance (Unicef), pour son appui technique et financier en matière de supplémentation en vitamine A.

Le lendemain du lancement de la campagne des journées nationales de vaccination contre la poliomyélite couplée à la supplémentation en vitamine A au Cameroun, Aminatou Ahmadou, 38 ans, reçoit une équipe de vaccinateurs. Assise sur un tabouret devant sa case, la dame toute de pagne vêtue, porte un bébé de 12 mois sur ses cuisses.

Mère de 4 enfants parmi lesquels des jumeaux, qui ont déjà 5 ans, Aminatou est mariée. Deux de ses enfants, à savoir la dernière (Alima Sadiya) et l’avant dernière, 3 ans, reçoivent la supplémentation en vitamine A ce samedi 14 mai 2022.

Le repérage de la cible

Le domicile d’Aminatou Ahmadou fait partie des ménages des 12 quartiers du camp des réfugiés que les agents de santé doivent visiter entre le 13 et 16 mai 2022. « Dans le camp des réfugiés, il y a beaucoup plus des cas de malnutrition, que dans le village » révèle El hadj Aboubakar, Chef du centre de santé intégré de Gado Badzere. Cette supplémentation en vitamine A est donc la bienvenue, puis qu’elle va aider ces enfants à récupérer rapidement.

Arrivée d’une équipe de vaccination dans un ménage du camp des réfugiés de Gado Badzere, samedi 14 mai 2022. © : AKN

Les plus de 29 164 réfugiés centrafricains vivant sur ce site, sont en fait au courant de l’activité en cours. Les agents mobilisateurs ont pris la peine de sensibiliser la population, des jours avant le début de la campagne de 4 jours. « Avant la vaccination, nous sommes descendus repérer les cibles, ménage par ménage. Nous avons enregistré les informations qu’on nous donnait, dans le registre », affirme Ismaël Ibrahima, agent mobilisateur centrafricain, vivant au camp des réfugiés.

La formation des acteurs

Ces mobilisateurs, également des réfugiés centrafricains, ainsi que les vaccinateurs constitués en 12 équipes, ont été formés pour la circonstance, et se déploient sur ce camp d’une superficie de 55 hectares, grâce au généreux soutien du gouvernement canadien. Pareil pour d’autres intervenants dans cette campagne, sur l’ensemble des 33 arrondissements que compte la région.

Nous impliquons la communauté pour surmonter les réticences et refus.

« Relativement aux instructions de la hiérarchie et avec l’implication de nos partenaires techniques et financiers, nous avons été briefé sur comment mener la campagne », confie Archange Michel Angos, administrateur principal de santé et Chef du district de Bétaré Oya. Dans le cadre de la lutte contre la carence en vitamine A chez les enfants de moins de 5 ans au Cameroun, « Global affairs Canada » a fait un don de 610 millions de francs CFA.

La gratitude

Une initiative très appréciée non seulement par les bénéficiaires, mais surtout par les responsables sanitaires, autorités administratives et les leaders traditionnelles de la région de l’Est. C’est ainsi que lors de la cérémonie de lancement de cette campagne de vaccination à l’école maternelle publique de Bertoua groupe I, Dr José Essola Endjembe, délégué régional de la santé publique de l’Est, a profité pour « remercier tous les partenaires qui de manière constante, appuient le secteur de la santé ».

LIRE AUSSI : Le combat de “Global affairs Canada contre la carence en vitamine A au Cameroun.

Ce qui ne laisse presque personne indifférent dans l’arrière-pays aussi. A Gado-Badzere où la supplémentation en vitamine A atteint souvent 99 %, on qualifie l’action de salutaire. Certainement parce que la malnutrition modérée, celle sévère et la malnutrition aiguë qui secouent surtout les enfants du camp des réfugiés centrafricains, sont ainsi efficacement combattus.

“Dans le camp des réfugiés, il y a plus de cas de malnutrition que hors du camp”, déclare El hadj Aboubakar, Chef de centre de santé intégré de Gado Badzere. © : AKN

« J’ai travaillé ailleurs, mais ce que les partenaires font ici à Gado Badzere, est impressionnant. Ils nous facilitent la tâche », lance tout souriant, El Hadj Aboubakar, chef du centre de santé intégré de Gado Badzere. Il se réjouit d’être le responsable de cette formation sanitaire depuis décembre 2020, parce que dit-il : « Dans le cadre de la lutte contre la malnutrition et la vaccination, l’Unicef nous appui en tout. Appui technique et matériel, on trouve ça ici et ça ne manque jamais. L’appui est vraiment multiforme, en nutrition ».

Il en faut plus…

Dr Sylvain Tchemaga, chef du district de santé de Garoua-Boulaï, ne le conteste pas. Selon lui, « la particularité, c’est que ça se donne gratuitement, que ce soit pendant la campagne, ou en hors campagne, grâce aux subventions de nos partenaires que nous remercions en passant ». Il fait savoir à qui veut l’entendre, que « la vitamine A est comme le miel que nous mettons en avant pour attirer les enfants ».

LIRE AUSSI : La supplémentation en vitamine A pendant l’épidémie de Covid-19.

Le patron de la santé dans l’arrondissement de Garoua-Boulaï, invite le donateur à « appuyer sur l’accélérateur » pour en faire davantage, car la population a besoin de plus d’apport. Comme dit l’adage, « qui dit merci, en redemande ».

Arnaud Kevin Ngano

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