Forces de défense et de sécurité, en danger au Cameroun

Au cours d’un point de presse à Yaoundé, l’Observatoire du développement sociétal (ODS) s’élève énergiquement contre les violences sur les personnels des forces de défense et de sécurité. 

Un policier en plein échange de coups de poing avec un usager de la route à Douala; un autre transporté sur la voie publique par un civil tel un sac de tubercule; une personnalité politique menaçant un agent des forces de sécurité en exercice de son métier à Bafoussam, sans oublier la divulgation dans les réseaux sociaux, des atrocités des rebelles, sur des militaires dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Au Cameroun, pas moins de 15 vidéos présentant une altercation entre civils et policiers, ont été partagées dans les réseaux sociaux en deux semaines, selon le ministre camerounais de l’administration territoriale, Paul Atanga Nji.

C’est fort de ce constat que l’Observatoire du développement sociétal (ODS) tire la sonnette d’alarme vendredi 17 septembre 2021 à Yaoundé. « La multiplication de faits d’agressions physiques et psychologiques sur ceux qui portent au quotidien, de jour comme de nuit et au péril de leurs vies la tranquillité des populations, est une interpellation d’une urgence criarde adressée à l’ensemble de la communauté nationale », dit le Coordonnateur général de l’ODS.

Destruction du pays en vue

Pour lui, ces attaques qui ne cessent de se multiplier, « semblent prendre les contours multiformes d’une incitation larvée, insidieuse et sournoise visant à mettre à mal, ne fût-ce que dans les esprits, l’institution la plus névralgique, la plus visible mais aussi la plus puissante de l’Etat, à savoir la défense et la sécurité ». La diversité des auteurs de ce comportement décrié, conforte davantage Maurice Lilian Koulou Engoulou dans cette position. Sans ambages, il cite à cet effet, des hommes politiques, des hauts fonctionnaires, des médias, et le citoyen lambda.

Revenant subtilement sur le cas de Bafoussam dans la région de l’Ouest-Cameroun, le coordonnateur Maurice Lilian Koulou estime que la dame politique impliquée, « devraient prêcher par l’exemple, éduquer le peuple, s’assurer de ce civisme qui bâtit et pérennise une société aussi diverse que la nôtre, et notre Etat qui aujourd’hui et demain doit rester stable et puissant, cependant que passent les hommes et leurs ambitions personnelles ». Toujours devant les journalistes ce même jour, le responsable de l’ODS s’est par la suite posé des questions sur l’importance de ces actes pour le pays : « S’attaquer aux FMO, c’est également détruire un maillon incontournable du déploiement du processus judiciaire. En effet, auprès de qui irait-on déposer sa plainte ? Qui mènerait les investigations et interventions appropriées ? Qui procèderait à l’interpellation et la neutralisation des criminels ? »

Agir au plus vite

En dénonçant ainsi ce qu’il appelle « dégénérescence des fondamentaux », l’observatoire invite les camerounais à s’investir dans l’édification de la communauté nationale « par des pôles d’intérêt général ». Les autorités du pays sont également appelées « à appliquer de manière rigoureuse et systématique, toutes les mesures prévues par les lois et règlements de notre pays, pour que citoyenneté et patriotisme cessent d’être de futiles vues de l’esprit, au risque de détruire les balises pertinentes de notre société ».

En clair, cela voudrait tout simplement dire que le comportement civique des citoyens, fait la force des institutions.

Arnaud Kevin Ngano

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