Gestion des ressources: la centralisation tue les projets Wash

C’est ce qui découle de la dernière enquête menée par l’Institut nationale de la statistique, dont les résultats ont été présentés les 21 et 23 octobre 2020, à Ngaoundéré dans l’Adamaoua et à Garoua, dans la région du Nord.

Selon l’enquête réalisée en 2018 par l’Ins « 9 personnes sur 20 s’approvisionnent en eau dans les sources non améliorée (les puits non protégés), et environ 7 personnes sur 10 défèquent en plein air ». Pourtant l’Etat et ses partenaires déploient d’importants moyens pour réaliser des forages, adduction d’eau potable, toilettes et latrines.

Entre 2013 et 2017, plus de 465 milliard de francs CFA ont été dépensés au Cameroun, pour les projets d’eau, hygiène et assainissement en milieu rural. Mais les problèmes demeurent, les conditions de vie des populations n’ont pas changées, l’accès à l’eau potable reste un calvaire, les maladies hydriques rongent encore plus les habitants.

Une situation paradoxale qui semble se justifier par l’hyper centralisation de la gestion des ressources allouées au projet Wash. « L’administration ne régule pas les inégalités entre les régions en matière d’accès à l’eau potable », constate l’Institut national de la statistique (Ins), qui explique également que « les coûts de construction des latrines dans le budget d’investissement public, est fixe (8 millions de francs CFA), ne prenant pas en compte les différences des niveaux des prix entre les localités, encore moins les coûts de déplacements des engins, pourtant la réalisation d’un projet dans cette localité en dépend ».

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La mauvaise qualité des ouvrages et l’ineffectivité des réalisations y est aussi pour quelque chose. En 2017, d’après l’Ins, les délais de passation des marchés n’ont pas été respectés à 100% pour la construction des forages. « 43% mettent en moyenne un peu plus de 75 jours entre la publication de l’appel d’offre et la proposition de l’attribution du marché. 55% mettent en moyenne 36 jours entre la proposition de l’attribution, et la signature du contrat », affirme Sévérin Tchomthe, point focal eau-hygiène-assainissement à l’Ins.

Selon les résultats qu’il a présenté, « 77% des projet réalisés en 2017, ont démarré avec un retard ». Il se dégage de cette étude que les contrôleurs financiers constituent les goulot d’étranglement ici.

Pour remédier à cette situation, le gouvernement est entre autre appelé à mettre un accent sur le renforcement du dispositif de suivi et contrôle de l’exécution des projets Wash au niveau local, mais aussi des capacités des responsables en matière de tenue des documents comptables. Doit-il également payer les décomptes des prestataires dans les délais raisonnables.

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Arnaud Kevin Ngano

 

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