Grève des transports : le gouvernement sous pression, fléchit légèrement

Pendant que les tracts annonçant la grève des chauffeurs professionnels sont distribués dans la ville de Yaoundé, la capitale du Cameroun et ailleurs, le gouvernement répond à l’une des doléances des revendicateurs, en excluant certains.

 

La plateforme revendicative constituée au départ de 8 organisations syndicales, se disloque à petit feu. Une division orchestrée par le gouvernement, qui veut à tout prix, éviter une paralysie des activités au Cameroun, souffle une source proche du dossier.

Le taxi de Rodrigue Talla confisqué par la Sécurité militaire (Sémil) depuis le 2 mars 2020, à la suite d’un accident entre le chauffeur Kenfack Tsopkeng et un adjudant de l’armée, a été libéré le matin du samedi 15 août 2020, comme demandé par le collectif de mécontents. Le propriétaire de ce véhicule, à qui on imposait de refaire « la tôlerie générale de la voiture du militaire à pas moins de 500.000 francs CFA » (à en croire les syndicalistes), a également été dédommagé.

Les questions de transports au cœur de l’économie du Cameroun ? (c); Twitter, 2020

Conséquence, le taximan Kenfack Tsopkeng qui dit avoir passé 4 jours dans la cellule de la Sémil avec son patron Rodrigue Talla, se désolidarise des grévistes. Pareil pour les membres de son syndicat S.N. Chautac (Syndicat national des chauffeurs de taxi auto bus et assimilés du Cameroun).

Joint au téléphone, le leader syndical Patrice Samen maintient le sit in prévu lundi 17 août 2020 devant la primature. Selon lui, 5 autres problèmes attendent d’être résolus. Il s’agit notamment du comportement des forces de l’ordre face aux chauffeurs, de la révision des salaires des chauffeurs, de l’harmonisation des prix d’assurance, de la suspension des dirigeants du Bureau de gestion du fret terrestre et de la liberté provisoire de Jean Marie Zambo Amougou, président de la Confédération syndicale des travailleurs du Cameroun (Cstc).

Le bien-être des chauffeurs, une priorité du syndicaliste. (c): A.K.N. Mai 2020.

Le mouvement d’humeur vise à alerter sur le traitement infligé aux chauffeurs au Cameroun, qui sont considérés comme des esclaves. « On les tape et les tue quand on veut et comme on veut, sans être inquiété», affirme Patrice Samen, qui ajoute que« leurs leaders sont insultés, humiliés, taxés de spécialistes de chantage au près  du gouvernement ».

 

Arnaud Kevin Ngano

Please follow and like us:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *