Grève des transports: les syndicats à couteaux tirés

Avant le 12 juillet 2021, date du début d’une manifestation annoncée des acteurs du secteur des transports au Cameroun, deux camps de syndicalistes s’affrontent dans la capitale politique. Les tensions sont préoccupantes, la grève risque de céder la place à une fissure.

Manque de solidarité, trahison, jalousie, propagande… L’organisation socioprofessionnelle en charge du secteur périurbain, ne mâche pas ses mots lorsqu’elle dénigre l’attitude de certains de ses pairs de l’urbain et de l’interurbain, devenu défenseurs inconditionnels des  structures d’assurance au Cameroun. Il est reproché à ces derniers, de développer des stratégies visant à empêcher le déroulement normal de la grève générale illimitée que prépare le Syndicat national des chauffeurs des transports périurbains, urbain, interurbain et rural du Cameroun (Synctrapuircam) et plus d’une dizaine de syndicats signataires.

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Le 1er juillet 2021, les syndicats nationaux du secteur des transports publics des voyageurs du Cameroun, ont confirmé leur grève générale illimitée devant commencer le lundi, 12 juillet 2021 sur toute l’étendue du territoire national.   Ceci à travers une correspondance adressée au premier ministre, chef du gouvernement.

Le motif de la grève en gestation

Ils se plaignent de « la rupture du dialogue social, matérialisée par le silence complice du gouvernement camerounais », qui refuse d’apporter des réponses aux revendications posées. En fait, «  la non application de la loi instituant le fonds de garantie automobile au Cameroun, le refus de délivrer une police d’assurance propre au secteur périurbain et rural reconnu d’utilité public par l’Etat, la violation grave sur les fractionnements et les primes catégorie A4, sans oublier le refus d’assurer les motos-taxis  », constituent le nœud du problème.

Face à cette mobilisation, s’érige un arsenal de syndicats  « prêt à tout pour défendre les assureurs », croit savoir Prosper Aimé Essomba, président national du Synctrapuircam, et porte parole des Syndicats nationaux du secteur des transports publics des voyageurs du Cameroun. Le 2 juillet 2021, dans le forum whatsapp dénommé « Transport info », certains d’entre eux ont promis aux futurs grévistes, qu’ils les  « rencontreront sur leur chemin, et la manifestation n’aboutira pas ». Dans la même plateforme, se sont succédés des propos injurieux, frisant la bagarre sur un ring de boxe, entre deux individus des deux camps.

Intimidations…

S’en sont suivi des convocations de quelques mécontents (futurs manifestants) à la Division régionale de la police judiciaire ( Drpj ) et au Secrétariat d’Etat à la défense en charge de la gendarmerie (SED), pour des explications sur la qualité et les compétences des signataires du mot d’ordre de grève du 12 juillet 2021. Cela sous forme d’intimidation. Les convocations en question, ont bien sûr été orchestrées par les opposants à la grève, selon l’équipe Essomba.

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Comme si cela ne suffit pas, le matin du jeudi 8 juillet 2021, à la bourse du travail de Messa à Yaoundé, s’est tenue une conférence de presse donnée par le groupe n’ayant pas intérêt à ce que la manifestation ait lieu. Ces organisateurs ont fait savoir à la presse présente, qu’ils se désolidarisent de la grève annoncée. Même si joint au téléphone, Jean Paul Claude Noah, Secrétaire général de l’Organisation patronale des syndicats des transports et assimilés du Cameroun (Opstac), un des membres de la commission tripartite des assurances, affirme qu’il a été question d’étayer la lanterne du public, sur le montant exact à débourser pour une police d’assurance de trois mois dans le secteur urbain ( 66 000 frs CFA) par exemple.

Pour le Syndicaliste Prosper Aimé Essomba, cette conférence de presse n’est que « du bluff », « les camarades membres de la commission tripartite des assurances, reconnaissent la pertinence des revendications en off, mais, ont décidé de défendre leurs intérêts corps et âme ». Au-delà des correspondances aux dirigeants du pays, des tracts des leaders syndicaux réitérant leur engagement ferme et inébranlable, même au pris de leur vie, à se libérer « des assureurs véreux, soutenus et encadrés par le gouvernement et certains présidents des syndicats » , sont en circulation sur le triangle national.

Du côté de l’administration, des sursauts d’agitations sont observables ces dernières heures. Des coups de fil de plusieurs ministères différents ne cessent de se multiplier depuis le 8 juillet 2021. Les grévistes restent campés sur leurs positions et prévoient des rebondissements le week-end précédant le 12 juillet 2021, jour du début de la grève générale illimitée.

Arnaud Kevin Ngano affaire à suivre…

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