Hassana Yawa: le sauveur des femmes et enfants

A l’aide de la moto-ambulance, Hassana Yawa, consacre la quasi-totalité de son temps aux femmes enceintes de Wogomdou, à 92 kilometres de Tignere dans la région de l’Adamaoua.

« Aider les femmes enceintes à aller à l’hôpital ». Cette phrase fétiche et apparemment banale, guide les actions de Hassana Yawa, conducteur de moto-ambulance à Wogomdou, localité située à moins de 25 kilomètres du Nigéria. Connaissant parfaitement la localité, ce chauffeur est entièrement au service de la population de ce canton, et particulièrement à la disposition des femmes enceintes. « Nous sommes 4 a avoir été formés à Tignere, mais c’est moi qui suis toujours régulier ici avec eux, 24 heures sur 24 heures », précise-t-il, en souriant.

Dans les 4 coins du village

Dans cette moto-ambulance, il transporte des femmes d’au moins 8 localités (Tagouri pont, Mayo Louggougo 15 km, Tagouri Ibrahima 7 km, Mayo Sangnare 15km, Labare, Nana Djimnam, Madewa 1, Madewa 2), pour le Centre de santé intégré (CSI) de Wogomdou. Et « quand c’est un cas grave, dit-il,  on l’emmène au Centre médical d’arrondissement (CMA) de Galim .» Un cas particulier reste gravé dans sa mémoire: « une femme a déjà accouché dans cette moto, avant d’arriver à Galim. On est parti d’ici vers 5 heures du matin pour le CMA de Galim. On était avec un médecin qui nous accompagnait pour aller faire la visite à Galim, et elle a accouché dans la moto ambulance, elle a passé trois jour là bas, et on est aller la reprendre pour la ramener ici.»

L’une des deux motos-ambulances du centre de santé intégré de Wogomdou août 2021. (c): A.K.N.

Hassana Yawa exerce cette activité depuis plus d’un an, après avoir été formé avec ses collègues. C’est ce qu’il révèle en ces mots: « Ça fait un an quelques mois que j’ai commencé ce travail à Wogomdou. On était allé à Tignere pour faire une formation de 8 jours.» Il s’agit d’une formation qui a été organisée par le ministère de la santé publique, avec l’appui du Fonds des nations unies pour la population (Unfpa) et le Fonds des nations unies pour l’enfance (Unicef). Ce sont d’ailleurs ces agences des nations unies, sous le financement de la Banque islamique de développement (BID), qui ont offert deux motos-ambulances au Centre de santé intégré de Wogomdou.

Collaboration

Très souvent, ce chauffeur de moto ambulance est contacté par le président du comité d’entretien de l’engin, les femmes accoucheuses, les leaders traditionnels et le chef du centre de santé intégré de Wogomdou, pour venir en aide aux femmes enceintes, voulant faire le déplacement de leur domicile pour la formation hospitalière. Aujourd’hui, le CSI de Wogomdou fait accoucher une trentaine de femmes enceintes par mois, contre 5, avant qu’il n’avait pas les 2 motos-ambulances qui ont été mis à sa disposition. Ceci grâce bien sûr, à Hassana Yawa et la moto-ambulance, qui contribue aussi efficacement à la réduction du taux de mortalité maternelle et infantile.

Pour mieux mener son travail et faciliter davantage les déplacements aux femmes enceintes, l’homme réclame un salaire régulier et officiel. « Nous voulons une rémunération, pour nous galvaniser encore plus », lance-t-il. En attendant, Hassana Yawa est considéré par les habitants de Wogomdou, comme un sauveur des femmes et enfants.

Arnaud Kevin Ngano à Wogomdou

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