Hommage-Jean Baptiste SIPA: une mémoire de connaissance pour la nouvelle génération

Ce patriarche du journalisme entame le voyage vers sa dernière demeure ce jeudi 15 août 2019, non sans laisser un héritage certain à ses paires et à l’avenir.

 

Du haut de sa brillante carrière de plus d’un demi-siècle dans le journalisme, Jean Baptiste Sipa est sans aucun doute aujourd’hui une bibliothèque qui brûle. Passionné et engagé, le Coach communément appelé par tous ceux qui ont eu la grâce de le côtoyer, a dans la presse écrite exercé à tous les postes. De reporter à Directeur de publication, le Vétéran, après une formation de renforcement de capacité en France dans le groupe Bayard Press d’un an entre 1966 à 1967, travaillera tour à tour à l’Effort des jeunes en 1967 puis à l’Effort Camerounais en 1969. Il compte parmi les créateurs de la Gazette puis quelques temps après, en  1982 il rejoint Le Messager. Entre 1987 à 1990, il exercera comme Correspondant de l’Agence France Presse. En 1991, il collaborera avec le journal Dikalo avant de revenir à Le Messager de Puis Njawe en 2010. Une carrière riche et danse auquel il emmagasinera une forte expérience.

Ayant pratiqué le journalisme dans les années de braise du pays notamment avec les luttes de démocratie en 1990, Jean Baptiste Sipa ne connaîtra jamais les fers d’une prison. Loin d’être un journaliste passif, il compte parmi les plumes qui ont contribué à la naissance d’une République égalitaire.  «  Le grand moment pour un journaliste, c’est quand il fait un travail qui fait avancé le pays. Et là je pense que le grand moment pour moi s’est fixé entre 1983 à 1990 parce que c’est l’époque où j’ai le plus travaillé pour la consolidation de la presse, pour l’avènement d’un processus démocratique authentique au Cameroun et c’est aussi en ce moment-là que j’ai fait le plus de journalisme politique sur tous les plans, sur le plan des thématique, sur le plan de la pratique démocratique » nous confie-t-il pédagogiquement à l’atelier de formation organisé à l’occasion de la journée internationale de la liberté de la presse par le SNJC (Syndicat National des journalistes du Cameroun) le 2 mai dernier.

 

Pour le doyen l’on ne reconnait pas un grand journaliste par les nombreuses arrestations qu’il subit. « Le journalisme comme les autres corps de métier à des risques. Les agressions, les interpellations et toutes autres difficultés relèvent juste des accidents de parcours et n’apporte rien à la noblesse du métier ». Le journalisme de qualité, il le définit comme : «  Un journalisme qui enseigne, un journalisme qui éclaire, un journalisme qui forme et qui promeut le bien être de la société ».

 

Face à la complexité de neutralité du journaliste, Jean Baptiste Sipa formera son objectivité au cours des années 70 – 80 où il a exercé comme reporter sportif, à l’époque le fair-play cédait facilement aux affrontements. « Le patriotisme ne consiste pas à faire du chauvinisme, il consiste à défendre les intérêts bien formulés de son pays qui ne nuisent pas à d’autres pays afin de ne pas créer la haine entre les Etats ». Des leçons que devront bien intégrer les journalistes soucieux du devenir de la crédibilité de la presse camerounaise. Le Coach aura donc fait sa part il ne reste plus à suivre ses traces.

Par Anne Priscile KOUBITEB

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