Jan-Pier Ouadjié : de la radio au coaching…

Jeune entrepreneur, business coach et expert en stratégies de performance organisationnelle et institutionnelle, Jan-Pier Ouadjié mise sur son talent, pour contribuer au développement de la société au Cameroun et ailleurs.  

Quelles sont les personnes qui t’ont réellement marqué ?

Le premier c’est Léonard Gofake (Chatelain)

C’est lui qui a influencé ma manière de voir le verre, de faire face aux situations. Pendant près de 4 années, de 2002 à 2006, j’ai été à son école de la communication et de la vie. Créativité, responsabilité, proactivité, professionnalisme et remise en question dans tout ce qu’on fait, voilà les graines qu’il a semé en moi et as vitæ eternam, je lui serai reconnaissant.

Didier Junior Kouamou qui m’a encadré à radio Yemba (une radio communautaire à Dschang), en très peu de temps certes, mais suffisant pour m’embarquer au cœur de la passion, de la constance et prendre la vie comme un jeu. Je retiens de lui, qu’il faut savoir se détacher, démissionner quand tu ne te sens pas à l’aise, partir sans craindre l’avenir.

Monique Chancelle Naoussi, c’est grâce à elle que j’entre en communication dès le club journal du lycée classique de Bafoussam.

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Madeleine Béjart Yonga qui m’indique la route de la radio Batcham où je forge mes premières armes de journaliste.

Maria Baiee d’Orazio, consultante internationale que je rencontre au Cafrad (Centre d’animation, de formation, de recherche et d’appui au développement) à Douala qui m’a fortement influencé pour le consulting, le coaching et la Communication Non Violente des disciplines dont je suis expert aujourd’hui.

Il y a tellement de personnes, tous mes collègues, mes collaborateurs qui ont toujours été pour moi une cause d’amélioration perpétuelle. Je n’oublie pas mes adorables géniteurs, qui, avant tout ce beau monde sus-cité, ont tracé les sillons indélébiles de ma vie, avec la volonté du créateur suprême, qui rend tout possible…

A vous écouter on se rend compte que les choses n’ont jamais été compliqué pour vous !

C’est une impression, mais la réalité est toute autre. J’ai trimé et beaucoup trimé, mais je ne m’apitoie jamais sur ces épisodes qui pour moi ont été le ferment de ma combativité.

Je soulignais plus haut avoir fait les études et le boulot parallèlement. En effet quand j’arrive à Dschang en 2006 après le Baccalauréat, jeune étudiant qui doit se battre pour subvenir seul à ses besoins divers, scolarité, boire et manger etc… Car les parents modestes, peinaient à s’occuper des cadets et donc, il fallait mon concours. Je dépose mes valises à radio Yemba où je bouscule jusqu’à faire les papiers pour le journal de 12 heures et je présentais le 18 heures, sans salaire.

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A Douala, pour me rendre à la radio des lauréats où je présentais les flashes d’informations de 7heures 30 minutes, 11 heures 30 minutes, 18 heures, et le magazine “Lauréat info magazine’’, tous les samedis à 9 heures. Je marchais à pied du quartier Oyack pour Bonamoussadi, tous les jours aller et retour. Ça a été ainsi pendant 6 mois, sans salaire bien sûr, ni indemnité quelconque. Je me mettais en route dès 5heures et arrivé à la radio tout en sueur. Il n’y avait pas de “gombos”. 

Je passais mes journées à boire de l’eau et quelques fois, des camarades tel Willy Issiack m’offraient un bout de pain à la pause, Russel Djapa nous dépannait. Christian Djomo, mon compagnon de galère (rire) avait pris une chambre a Bonamoussadi. Au retour, quelques fois, il m’accompagnait et faisait un bout de route avec moi de Bonamoussadi à Bepanda tonnerre et je continuais à pied jusqu’à Oyack. J’ai tenu 6 mois, sans me plaindre car porté par ma passion et mon ambition, mes rêves et projets.

Dites-nous, d’où vous vient cette énergie, vous êtes sur tous les fronts ?

Cette énergie me vient du Créateur qui a mis en moi ces dons et talents que je m’évertue autant que faire se peut à fructifier. Mon enfance également y est pour beaucoup. Une enfance très riche et je rends grâce à Dieu, tout en bénissant mes parents, qui très tôt ont semé en moi les graines de mon leadership impactant d’aujourd’hui.

Je me souviens par exemple que dès le cours préparatoire, mon papa me remettait les frais de scolarité avec des instructions et j’allais payer à l’école, ensuite je le faisais pour mes cadets. 

Mon papa et ma maman que j’aime beaucoup, ont bâti le côté responsable des enfants DJIENA, à travers des activités. Par ailleurs, les expériences de mon parcours professionnel avec les hommes et femmes que j’ai croisé, ont participé également à arroser les graines du leadership en moi.

Revenons sur votre parcours professionnel : vous avez en 13 années gravis tous les échelons en radio, de stagiaire de vacances à Coordonnateur des jeunes, puis reporter, Rédacteur en Chef, Directeur de Programme, chef de Chaîne radio FM. Et hop, on vous retrouve dans le secteur des ONG et maintenant entrepreneur. Pourquoi avez-vous quitté la communication alors que vous étiez au sommet ?

(Sourire) Je vais vous surprendre peut-être, mais aujourd’hui je suis ou je devais être. La communication est toute ma vie, j’y suis et j’y reste.

J’ai laissé la communication des studios radio car je le sentais à l’étroit, je voulais plus, je voulais le contact des hommes, je sentais en moi bouillir la cocotte de la transformation de l’Homme. Raison pour moi de laisser la communication des studios pour celle des salles de séminaires et ateliers ou je forme, améliore, transforme mes semblables.

Remise d’attributs aux femmes entrepreneurs de la FECCA (Femmes entrepreneures au cœur du continent africain).

La transition radio ONG a été très facile et le cap de l’entrepreneuriat également, car je suis quelqu’un de très prospectif, avant-gardiste qui planifie beaucoup. Je ne fais rien au hasard ou presque.

Aime prévoir mes coups et actions professionnelles.

Comme actuellement je sais ce que je ferai dans 10 ans et où je serai.

Justement, pouvons-nous le savoir ?

(Rires) Je garde et protège mes rêves afin qu’ils ne perdent pas en force, cette dynamique qui va pousser à leur concrétisation.

Pourquoi avez-vous créé un bureau d’études, vous aurez pu créer une radio ou un tout autre business et pourquoi lui avoir donné le nom de JPO Solutions ?

J’avais toujours en tête dès la classe de 5eme et sur les couvertures de tous mes cahiers la citation du Comte Alfred de Vigny: « J’ai fait illustre un nom qu’on m’a transmis sans gloire”

La motivation première était le désir de m’affirmer dans la société.

Le nom du Cabinet : JPO Solutions, signifie en fait Journey toward Performant and Outstanding Solutions en version longue, rien à voir avec mon nom, quoique…

Un bureau d’Etudes justement parce que durant mon parcours professionnel commencé très tôt, j’ai été très marqué par les notions de performance, amélioration continue.

Lors de mon séjour professionnel au Cafrad (Centre d’Animation, de Formation, de Recherche et d’Appui au Développement) à Douala, je suis frappé par un fait : tous les membres de l’équipe opérationnelle sont bardés de diplômes, pleins de talents, de bonnes qualités personnelles, mais n’arrivent pas à atteindre les objectifs.

Il y avait problème !!! A l’occasion d’une auto-évaluation assistée, le pied a été mis dans le plat, tout nouvel arrivant j’ai eu la chance d’être associé à la redynamisation et la cohésion de groupe : voilà d’où me vient l’idée du bureau d’études. Au départ je voulais créer une agence Com et marketing.

Le jour de mon entretien d’embauche dans cette organisation, j’ai dit au Coordinateur Général le nombre d’année que je souhaitais travailler avec lui et qu’après je créerai ma propre entreprise. Je me souviens encore de son étonnement et du sourire sceptique qu’il a affiché. Et 4 ans plus tard, jour pour jour, j’ai adressé ma lettre de démission en présentant la plaquette de mon nouveau bébé, le Cabinet  JPO Solutions.

Aujourd’hui nous sommes depuis 1 an occupé dans une internationalisation de nos solutions, afin de conquérir une part plus importante de marché à travers le continent africain et même au-delà. Ma modeste personne importe peu, je m’efface beaucoup, pour mettre en lumière les autres car ma mission au finish est d’accompagner nos cibles à atteindre leurs objectifs multiformes.

Je suis très mal à l’aise de parler de moi. Se voir interpellé dans la rue, être remercié, recevoir des témoignages émouvant, voilà nos véritables lauriers. Il y a tant à faire au Cameroun et nous somme déterminés à apporter notre contribution.

Propos recueillis par Arnaud Kevin Ngano

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