Mariage précoce : source de toute forme de violence

Dans un échange avec les députés juniors à Yaoundé, la capitale camerounaise, Djaïli Amadou Amal, ambassadrice de l’Unicef, est parti de ses expériences pour expliquer les dangers du mariage précoce.

Au lycée technique de Nkolbisson dans le septième arrondissement de Yaoundé, il fait beau temps en cette saison des pluies. Les députés juniors camerounais y séjournent pour la 23e session du parlement des enfants. Ils sont au nombre de 180 dont 100 filles et 80 garçons, venu de tous les coins du triangle national.

LIRE AUSSI

Dès l’entrée de l’école, aussi vaste soit-elle, une voix s’échappe d’une salle sonorisée : c’est celle de Salomon Beguel, communication officer au Fonds des nations unies pour l’enfance au Cameroun. Il coordonne une séance d’éducation, constituée d’une série d’échanges sur les droits de l’enfant, ouverte le 17 juin 2022 à Yaoundé.

L’ambassadrice de l’Unicef face aux ambassadeurs des enfants

Cette matinée du vendredi 24 juin 2022, Djaïli Amadou Amal, ambassadrice de l’Unicef et écrivaine, fait partie des intervenants à ces assises avec les enfants. Comme elle le dit si bien, elle a parlé de « tout et de rien », en partant de son engagement pour la cause des filles mineures particulièrement.

Djaïli Amadou Amal, Ambassadrice Unicef, inspire les députés juniors dans le combat pour le respect des droits de l’enfant au Cameroun. ©: A.K.N.

« C’est le conseil de toute maman, bien continuer à aller à l’école, éviter la mauvaise compagnie, faire attention aux réseaux sociaux ». Selon Djaïli Amadou Amal, les enfants « doivent savoir qu’ils peuvent avoir tous les rêves, toutes les ambitions ». Mais surtout doivent-ils contribuer à l’évolution de la société dans le but de faire changer les choses, en s’intéressant aux questions liées à la politique.

Mariage précoce : un danger à éradiquer

Pour ce faire, leurs droits doit être respectés, le mariage précoce et forcé, banni. « Une fille mariée précocement, subit forcément toutes les autres formes de violence, dit l’ambassadrice de l’Unicef. Le mariage précoce et forcé reste la violence la plus pernicieuse, qui entraine toutes les autres formes de violence : violences conjugales, physiques, psychologiques, dépendance financière, découlant également sur d’autres conséquences. »

« Je leur ai parlé de moi, de mes propres expériences, de mes romans, de la situation des enfants entre autre. On a discuté comme une maman et ses enfants ». Djaïli Amadou Amal se réjouit de cette causerie éducative avec les représentants des autres enfants camerounais.

Félicitations aux députés juniors

« Je suis très fier d’eux », lance-t-elle d’ailleurs, en souriant, au sortir de l’échange. « Ils ont posé des questions extrêmement intelligentes pour leur âge. J’attends tout simplement qu’ils continuent sur cette lignée. C’est ce genre d’enfants qu’on veut pour le Cameroun de demain », précise cette femme forte, originaire de la zone septentrionale du pays.

Djaïli Amadou Amal Ambassadrice Unicef, répond aux questions des journalistes. ©: A.K.N.

Pendant 10 jours dans la capitale camerounaise, les membres du parlement des enfants ont appris à vivre ensemble et dans la paix, non sans recevoir des notions sur leur rôle, et des thématiques en rapport avec le phénomène d’abandon des enfants, qui est une entrave à leur vie, leur développement et leur survie.

Arnaud Kevin Ngano

Please follow and like us:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *