Mortalité néonatale : des lamentations, à la joie d’une mère en détresse

Grâce au Financement d’urgence en cas de pandémie (PEF) de la banque mondiale dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest au Cameroun, des bébés prématurés sont sauvés. C’est le cas de Merveille, une des jumelles de Mireille, 24 ans à Limbé.

Le 7 janvier 2021, Mireille E. fait des jumeaux prématurés (un garçon et une fille), qui décèdent par la suite. Elle ne s’est pas fait consulter par le gynécologue pendant la grossesse, comme exigé par les médecins de l’hôpital régional de Limbé, reconnait-elle. Mireille accuse aussi le mauvais état de la route. « Pendant cette grossesse-là, je suis allé passer quelques temps chez ma mère à Mutengene, pour lui rendre visite, et je devais de temps en temps me déplacer pour une formation sanitaire à ‘’Down beach’’ dans le cadre de mes consultation prénatales », précise la jeune fille de 23 ans.

LIRE AUSSI : La lutte contre la mortalité néonatale et maternelle porte les fruits escomptés à Doumé (Est-Cameroun

« J’étais abattu », rappelle-t-elle, lorsqu’elle fait allusion à sa première grossesse n’étant pas arrivée à terme et s’étant soldée par la mort. La naissance des prématurés selon la médecine, implique de nombreux risques pour l’enfant, notamment une détresse respiratoire. Pour que les bébés prématurés survivent, ils leur faut des soins particuliers qui nécessitent des structures de santé adaptés et du personnel qualifié.

Mortalité néonatale : un problème majeur

Avant le financement d’urgence en cas de pandémie (PEF) qui s’achève, la région du Sud-Ouest avait du mal à assurer des soins suffisant en santé maternelle et néonatale. « On référait souvent des cas à Douala. Grâce à l’Unicef, on s’en charge aujourd’hui. Cet apport nous a beaucoup aidé », confirme Viviane Mbone, infirmière, major de l’unité de néonatalogie de l’hôpital régional de Limbe. Selon Mireille, les soins de santé de qualité, se veulent difficile d’accès ici. De plus, la crise anglophone et sanitaire, empêche encore les femmes enceintes de se rendre dans les formations sanitaires.

Bâtiment administratif de l’hôpital régional de Limbé. ©: A.K.N.

Implémenté dans les deux régions anglophones du pays, ce projet financé par la banque mondiale, a permis apprend on, d’équiper les hôpitaux ciblés, en incubateurs de couveuses, sacs et lits Kangourou. Mais aussi-a-t-il contribué à la formation d’une cinquantaine d’employés du monde de la santé, issus des 9 structures hospitalières choisies, non sans permettre d’organiser des campagnes de sensibilisations et des causeries éducatives.

Des jumelles lors du deuxième accouchement

Caroline Endeley, Coordonnatrice du PEF dans le Sud-Ouest, section santé de la reproduction, le dit autrement : « on a choisi 9 établissements de santé (3 à Buea, 3 à Limbe et 3 à Kumba). Puis on a formé 50 travailleurs dans le domaine de la santé, à la prise en charge des femmes enceintes avant, pendant et après l’accouchement. »

Caroline Endeley, Coordonnatrice du PEF dans le Sud-Ouest, section santé de la reproduction: ” Limbé, novembre 2021. ©: A.K.N.

Le 26 octobre 2021, Mireille revient à l’hôpital régional de Limbe, après avoir ressenti des douleurs au niveau du bassin. Cette fois-ci elle a un peu de chance, même si elle traverse encore des difficultés presque semblables à celles liées au premier accouchement. Elle attendait à nouveau deux bébés qui menaçaient de naître prématurés. « On a essayé d’interrompre les contractions, sans succès », révèle la fille.

LIRE AUSSI : L’extension du Projet d’appui à la santé maternelle, néonatale et infantile est exigé dans l’Adamaoua.

Elle donne naissance à deux filles, mais une décède. « Comme on pouvait s’y attendre, elles sont nées avec une insuffisance pondérale, déclare Viviane Mbone, major de l’unité de néonatalogie. Très vite on les a mis sous soins intensifs. » Celle qui a survécu, se prénomme Merveille.

Une maman joyeuse malgré tout

20 jours après sa naissance, Merveille et sa mère Mireille, sont en bonne santé. « Ma petite fille est vivante, grâce à la méthode mère Kangourou et tous les soins essentiels pour les nouveau-nés prématurés qui lui ont été bien administrés », explique Mireille E. « Sans les médecins et les infirmières, elle ne serait pas en vit en ce moment », ajoute-t-elle en souriant.  

Tout souffle est important. ©: A.K.N.

Alors qu’on la libère bientôt avec son bébé, Mireille apprécie l’accueil et le traitement qui leur ont été réservés à l’unité de néonatalogie de l’hôpital régional de Limbe. « Depuis plus de 2 semaines, on prend bien soin du bébé, les infirmières sont gentils, agréables. Je suis très contente d’avoir le privilège de bénéficier de ces soins avec mon bébé. »

Arnaud Kevin Ngano de retour de Limbe

Please follow and like us:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *