Mortalité néonatale: le taux chute énormément à Doumé

Grâce au projet d’appui à la santé maternelle, néonatale et infantile, les femmes enceintes se rendent de plus en plus dans les formations hospitalières pour accoucher dans de bonnes conditions.   

 

La joie anime le personnel de santé à Doumé, dans la région de l’Est-Cameroun. Une réjouissance qui s’observe aussi chez les plus de 55.000 habitants des localités couvertes par le district de santé de Doumé. « En 2020, le district de santé de Doumé a enregistré 55% de taux de natalité », informe l’épidémiologiste de terrain, Adolphe Nwelndje, chef de bureau de santé au district de santé de Doumé.

« Un décès de femme a été constaté en communauté l’année dernière, et trois décès de nouveaux nés seulement », ajoute l’épidémiologiste. Cette chute drastique du taux de mortalité néonatale est due au fait que les femmes enceintes, vont de plus en plus à l’hôpital, pour mettre au monde leurs bébés dans cette partie du pays.

Cette course désormais effrénée vers les hôpitaux, fait suite à l’amélioration de l’offre ainsi que l’accès au service de santé maternelle et infantile de qualité, initiée par le gouvernement camerounais et la banque islamique de développement, avec l’appui du Fonds des nations unies pour l’enfance (Unicef) et le Fonds des nations unies pour la population (Unfpa). Un accent particulier ayant été mis sur la sensibilisation.

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Ainsi, les 16 formations sanitaires publiques et privés que compte le district de santé de Doumé, ont bénéficié chacune, d’une moto-ambulance, pour faciliter le déplacement des « femmes à terme », de leur domicile pour l’institution sanitaire. Des agents de santé communautaire ( 42 au total actuellement alors qu’on a besoin de 135), ont aussi reçu des vélos, qui permettent de se déployer aisément pour la sensibilisation des populations.

« Des comités de gestion de ces motos, ont été mis sur pieds, et des conducteurs de ces engins, formés. Chaque moto en a deux », précise Paulin Kouam, chef de district de l’hôpital de district de Doumé. Selon lui, les communautés gèrent elles-mêmes ces motos-ambulances. Pour le faire, des quêtes ont été lancées, et chaque ménage en fonction des aires de santé, contribue « entre 300 et 1.000 frs CFA », dit le chef de district.

A Doumé, l’on voudrait pouvoir faire accoucher 2.000 femmes chaque année. « On a déjà atteint la barre de 1.900 accouchements par an », signale Adolphe Nwelndje.

Le district de santé de Doumé qui couvre trois unités administratives ( Doumé, Dimako et Doumentang ), est constitué de 132 communautés réparties dans 12 aires de santé et comportant 16 formations sanitaires publiques et privés, apprend-on sur le terrain. Il a visiblement fait un très grand bon en avant. « Avant 2018, le district de santé n’avait jamais atteint le taux de natalité de 25% », explique l’épidémiologiste de terrain, Adolphe Nwelndje.

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En clair, entre 15 et 18 enfants, et pas moins de 5 femmes enceintes mouraient chaque année. Les données ont donc positivement changé aujourd’hui, grâce au projet d’appui à la santé maternelle, néonatale et infantile, né en juin 2018 dans 5 régions du Cameroun: l’Extrême-nord, le Nord, l’Adamaoua, le Centre et l’Est, pour une durée de 4 ans.

Arnaud Kevin Ngano

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