Mortalité néonatale: « Nous sollicitons une extension du Pasmni» dans l’Adamaoua (Cameroun)

Daouda, point focal santé de la reproduction dans la région de l’Adamaoua et chargé de la mise en œuvre des programmes en lien avec la santé de reproduction et les soins obstétricaux, néonataux essentiels d’urgence pour la région, souhaite que le Projet d’appui à la santé maternelle, néonatale et infantile déjà à son terme, soit relancé en s’étendant véritablement sur toute la région.

Comment est-ce que le Projet d’appui à la santé maternelle, néonatale et infantile est arrivés dans des districts de santé de la région de l’Adamaoua ?

En 2017, à l’issue de l’EDS 2011 et le Mics 2014, la région de l’Adamaoua présentait un taux de mortalité maternel supérieur à celui du pays ( environ 1.000 décès pour 100.000 naissances vivantes pour la région de l’Adamaoua). Tout comme la mortalité néonatale et infantile, dont le taux était aussi supérieur au taux enregistré au niveau national. Ainsi l’expression du besoin du programme de lutte contre la mortalité maternelle a été dirigé en vers la région de l’Adamaoua, pour pouvoir répondre à cette sollicitation dans l’optique de réduire la mortalité maternelle.

Il nous avait alors été demandé de faire un état des lieux de tous les district de santé de la région, pour identifier les besoins en matière de renforcement des capacités, mais aussi du système de réduction de la mortalité maternelle. Ce qui a été fait: nous avons identifié quatre districts de santé à l’issue de l’analyse. Nous avons constaté que le district de Tignere, le district de Tibati, le district de Bankim et celui de Ngaoundal contribuaient à la hausse de la mortalité maternelle. Ce qui a permis au Projet d’appui à la santé maternelle, néonatale et infantile (Pasmni) d’être logé dans ces districts parce qu’ils n’avaient pas de partenaires pour faciliter le processus.

Attardons nous un peu sur les formations…

Une fois les districts identifiés, la première étapes était justement le renforcement des capacités. Nous avons donc formé les prestataires dans un premier temps en soins obstétricaux, néonataux essentiels d’urgence (Sonu) de base, pour qu’au moins les sept fonctions Sonu de base soient mis en œuvre dans les formations sanitaires de ces districts de santé. Puis nous avons levé le niveau des prestations en formant les prestataires en soins obstétricaux, néonataux essentiels complet, pour que à Mayo Banyo, à Kontcha ou à Galim par exemple, on puisse faire des césariennes. Nous avons également formé les prestataires sur les soins essentiels du nouveau-né, pour que la réanimation du nouveau-né et les soins Kangourou soient effectives.

Toutes ces formations avaient pour objectif de renforcer le système de référence et contre-référence. A ce propos, à sa deuxième année, le projet, a permis de mettre sur pied les moto ambulances avec Tignere comme district pilote, parce qu’il a un enclavement un peu plus avancé. Cette mise en œuvre devait être agrémentée par la revue des décès maternel, puisqu’on se rend compte qu’à chaque décès, il y a tout un enseignement et un système de renforcement des capacités. Raison pour laquelle, nous avons mis sur pied, l’effectivité de la revue des décès maternel. C’est-à-dire que pour chaque décès, on revoit point par point, les éléments qui n’ont pas fonctionnés. Cela permet d’améliorer la qualité des prises en charges en renforçant les capacités du personnel.

Trois ans après, qu’est-ce qu’on retient ? La situation a-t-elle changé ?

Tout à fait ! Nous avons eu des avancés, et plusieurs éléments le prouvent. La validation des données a été assuré point par point et nous nous sommes rendu compte qu’après trois ans, le taux d’accouchement assisté est passé de 40% à 56% à la fin du projet, la réduction considérable des décès néonataux, le fonctionnement du système de référence et contre référence avec la réorientation des interventions des accoucheuses traditionnelles (qui n’interviennent plus au niveau de la communauté, mais plutôt servent d’identification des cas de complications et des cas des femmes enceintes vers les formations sanitaires. Les moto-ambulances fonctionnent toujours trois ans après.

Nous avons également réorienté notre regard vers le système de suivi et d’évaluation de la fonctionnalité des soins obstétricaux néonataux d’urgence avec la mise en place du monitoring Sonu, pour essayer d’évaluer les difficultés auxquelles les prestataires font face et nous organisons par la suite, la mise en commun du réseau Sonu. Cela permet aux formations les plus performantes aident les formations sanitaires les moins performantes à améliorer leurs performances.

Que souhaitez vous pour la suite ?

Le projet est venu améliorer la santé maternelle au niveau de l’Adamaoua certes, mais comme nous sommes à la fin, nous sollicitons une extension de ce Pasmni, parce que bien que le projet a été logé dans plusieurs districts, il y en a qui en ont aussi besoin, du fait de leurs populations élevées et du contexte sociodémographique. Ce projet doit à notre avis, étendu à d’autres districts pour que la population de l’Adamaoua n’ait plus à faire face aux questions de mortalité maternelle.

Propos recueillis par Arnaud Kevin Ngano à Ngaoundéré

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