Municipales et législatives : Ce que impose le SDF

Réuni à Douala le 10 août dernier, le Comité exécutif national du Social Democratic Front (SDF), pose comme préalable à toute nouvelle élection, la résolution de la crise dans les régions anglophones.

« Il incombe à M. Biya, non seulement de mettre un terme à cette guerre civile, mais également, de créer un environnement propice pour le retour à l’école. Faute de quoi, le SDF se trouvera dans l’obligation de suspendre la participation de ses parlementaires à la session de novembre 2019, tant à l’Assemblée nationale qu’au Sénat ». L’indication est contenue dans le communiqué rendu public à la fin des travaux de Douala. C’est la preuve que le « parti de la balance » reste déterminé à mettre un terme à cette crise socio- politique.

Chaque année, des descentes d’un représentant du gouvernement sont faites pour rassurer les populations par rapport au retour des classes. Mais rien ne change. Les enfants ne vont plus à l’école. Et le peu qui y va ne semble pas tenir jusqu’au bout. Le pourcentage aux examens depuis la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest à ce jour, le démontre bien. Les élèves suivent les cours dans la peur et la crainte d’être enlevés, assassinés ou brulés vifs dans leurs établissements ou en cours de route. Le SDF s’insurge contre tout cela.

En rappel, le Chairman Ni John Fru Ndi, avait été enlevé en juin dernier pour sa lutte contre les massacres et les tueries que subissent tous les jours, hommes, femmes et enfants dans ces parties du pays. Libéré quelques jours après, il n’a pas baissé les bras et continu à chercher une issue pour ramener la paix. Pour le président national du SDF, il est temps de mettre un terme aux différents massacres qui règnent dans lesdites régions, et dont les conséquences sont jugées dramatiques par le parti.

Pendant que certains cherchent des solutions aux problèmes, d’autres cherchent à se faire des voix aux municipales et législatives. Comment compter organiser des élections, sachant qu’une partie du pays est inapte ? Surement une occasion pour les assoiffés du pouvoir de se hisser encore plus haut. Cependant, on craint une guerre civile. Les régions qui sévies la crise, lutteront définitivement pour se séparer du reste du pays. D’après le premier vice-président du parti, Joshua Osih, « Le SDF ne participera pas à un exercice qui consacrera la sécession de huit régions du Cameroun, des deux autres. Organiser ces élections en temps de guerre consistera pour M. Biya, à donner raison aux sécessionnistes ».

Le parti ne s’arrête pas là. Il va plus loin en dénonçant le comportement du ministre des travaux publics. Tout simplement à cause de ces déclarations publiques scandaleuses concernant les travaux de la pénétrante Est de la ville de Douala. Sachant bel et bien que les chantiers à la traine, sont causés par ce même gouvernement, auquel ce même ministre fait partie. Depuis la nomination du ministre des travaux publics, quelle œuvre satisfaisante a-t-il déjà exécuté avec brio ? Les routes sont en mauvais état, les gros budgets sont votés. Mais les fonds sont remis par des tranches minables aux entreprises chargées des constructions. Pour le SDF, le ministre Emmanuel Nganou Djoumessi doit démissionner.

Dans un pays ou la presse semble être libre, les médias se trouvent menacés et sanctionnés tout le temps. Les raisons évoquées dans certains cas, sont le respect de la déontologie du métier qui leur incombe. Aussi, d’avoir permis aux camerounais de s’informer sur tout ce qui se passe sur leur territoire. Le SDF dénonce à cet effet les propos liberticides du ministre de l’administration territoriale Atangana Nji, à l’endroit des médias qui refusent à juste titre de se conformer à la doctrine de la pensée unique, que le régime de Yaoundé tente d’imposer au paysage médiatique.  Pour le parti SDF, ces médias sont à féliciter pour leur mission d’informer et de sensibiliser. Aucun parti jusqu’à ce jour n’a soulevé ce problème que traversent les médias camerounais aujourd’hui. Des journalistes arrêtés, battus, séquestrés et même emprisonnés, pour leur travail.

Le parti du chairman, reste ferme sur ces déclaration envers le chef de l’Etat, de mettre définitivement fin à la guerre civile en cours qu’il a déclaré. Ainsi, il lui incombe d’instaurer le dialogue nécessaire pour y mettre un terme. Des propos qui devraient être normalement pris en compte par ce parti écouté par la zone anglophone. Le leader de ce parti qui avait été kidnappé par les « sécessionnistes » n’ont-ils pas passé un message au chairman ? Envoyer des bataillons pour le massacre, pour occuper les écoles et les quartiers ne peut que pousser à la révolte. Que le gouvernement prenne note et cherche des voies et mesures pour enfin dialoguer et retirer ces troupes. Cela va faciliter au moins une stabilité sociale dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Ainsi, les élections pourraient mieux être organisées
« Cessez d’instrumentaliser le problème anglophone à des fins égoïstes et politiciennes »

Mettez un terme à la guerre civile, créez un environnement propice pour un vrai retour des classes au Nord-Ouest et Sud-Ouest, ainsi que la tenue des futures élections locales. Et ainsi nous participerons aux municipales et législatifs. « Si les élections sont convoquées et se tiennent dans ces circonstances de guerre, le SDF ne participera pas. Car, ces scrutins conduiront inéluctablement à la division définitive du pays en deux entités territoriales distinct ».

Joël Godjé Mana,stagiaire

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