Nutrition: la traçabilité des dépenses, plombée dans la région du nord

Pendant la collecte des données pour la troisième étude sur la traçabilité des dépenses publiques au Cameroun, l’Institut nationale de la statistique (Ins) à été confronté à la rétention de l’information et au refus de certains responsables, de collaborer.

 

« Vous allez vous rendre compte que pour la région du Nord, l’information est indisponible. Nous avons fait les pieds et les mains pour l’avoir, en vain ». Ces phrases prononcées par Vincent Essambe, point focal nutrition/Ins lors des ateliers régionaux de Ngaoundéré et Garoua respectivement les 21 et 23 octobre 2020, traduisent les difficultés rencontrées, au cours de la collecte des données.

Certaines informations de gestion statistique dans le volet nutrition dans le Nord pour l’année 2017, ne sont pas mis à la disposition de l’Ins, encore moins du gouvernement camerounais, parce que détenues par un individu, qui refuse de les partager. Et d’une manière ou d’une autre, cela plombe l’élaboration des politiques de gestion de la région, signale Georges Mbarga Mewassi , responsable d’exécution de la composante Programme inclusion sociale du programme de coopération Cameroun-Unicef.

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« On est perdu, parce qu’on a dû organiser un atelier supplémentaire à Yaoundé, pour que le point focal concerné vienne donner l’information. Il était là, mais il est rentré sans nous la donner, disant qu’il devait les renvoyer », affirme le chef de mission Georges Mbarga Mewassi. Il ajoute que « c’est des données importantes pour élaborer des politiques pour les implémenter. C’est question de responsabilité ».

Présentation au cours des ateliers régionaux de vulgarisation et de diffusion des résultats de la 3ième étude sur la traçabilité des dépenses publiques au Cameroun. (c): A.K.N. octobre 2020

Pas moins de deux raisons peuvent expliquer cette irresponsabilité relevée par l’institut national de la statistique. Il s’agit de la nomination des points focaux, mais aussi de la passation de service entre les entrants et les sortants.

C’est ce qu’explique Patricia Ngo Sack, point focal nutrition au ministère de la santé publique. « Certaines personnes ne parviennent pas à comprendre que le départ n’est pas une sanction, et ils ne permettent pas la continuité du service.» « L’autre point, c’est que les points focaux ne sont pas redevable des attitudes de la direction de la production de la santé. Il y a une rupture nette entre le niveau centrale et le niveau opérationnel. C’est les délégués régionaux qui nomment les points focaux régionaux de nutrition et donc à certains moments, ils ne se trouvent pas obligés de vous donner les informations en temps réel », relate-t-elle.

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Mais toujours est-il que cette situation biaise les données et suscite les mauvaises prises de décision, comme c’est le cas dans la région du Nord. Ici « il n’y a que le bricole qu’on peut faire, et imaginez les décisions qu’on va prendre. Est-ce que ce qu’on va imaginer là, peut coïncider avec la réalité ?» demande Ambroise Abanda, chef de la division de la coordination statistique et de la diffusion à l’Ins.

 

Arnaud Kevin Ngano

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