Parlement camerounais : la transition générationnelle commence mal !

Le jeudi 18 mars 2021 a été marqué par l’élection des membres des bureaux de la chambre haute et la chambre basse du parlement camerounais. Sans surprise, Marcel Niat Njifenji et Cavaye Yeguié Djibril ont été respectivement réélus président du Sénat et président de l’Assemblée nationale. Ceci en totale opposition avec la transition générationnelle prônée par le président de la République, Paul Biya.

Dans son discours à la jeunesse le 10 février 2021, le Chef de l’Etat camerounais, son excellence Paul Biya a alors présenté la jeunesse présente dans les instances parlementaires, municipales et régionales comme des acteurs incontournables de la transition générationnelle dans la gestion des affaires publiques.

Mais un peu plus d’un mois après le discours du président, cette transition générationnelle,  s’amorce mal. En effet, malgré la présence non négligeable de la jeunesse à l’Assemblée nationale, l’honorable Cavaye Yeguié Djibril vient d’être à nouveau porté au poste de président de ladite instance pour un cinquième mandat. L’originaire du Mayo Sava dans la région de l’Extrême-nord, occupe ce poste depuis 1992. Il est par ailleurs député depuis 1970, soit 51 ans.

 

Cavaye à l’entrée de l’hémicycle. (c) Le Bled Parle

Sur les 180 députés que compte la chambre basse du parlement camerounais, 162 ont participé à ce vote, 147 ont accordé leur voix à Cavaye et 15 ont voté bulletin nul. L’on est en droit de se demander où sont passés Cabral Libii, Nourane Foster et tous les autres jeunes qui disaient apporter un vent nouveau à l’Assemblée nationale ?

Scénario identique à la Chambre haute du parlement, où Marcel Niat Njifenji du haut de ses 88 ans et de son état de santé languissant a été réélu à la tête du Sénat. 93 sénateurs ont voté, 85 ont réaffirmé leur confiance en Niat Njifenji et 8 ont voté nul.

Marcel Niat Njifenji réélu président du sénat le 18 mars 2021 à Yaoundé. (c): Crtvweb

Il est trop tôt pour remettre en doute le processus de transition générationnelle tant vanté par les hautes instances camerounaises certes, mais il est clair que la gestion des affaires publiques n’est pas prête de passer entre les mains de la jeunesse camerounaise. Car pour la fois de trop, l’ancienne génération va présider aux destinées du pouvoir législatif au Cameroun !

Guy Etom

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