Prison centrale de Kondengui : Les internés dénoncent leur vécu quotidien

La maison d’arrêt de Kondengui a été construite en 1968 pour embastiller 800 personnes. Mais aujourd’hui, elle compte 4.500 voire 5.000 détenus, sans conditions de vie paisibles pour n’importe quel prisonnier.

Sur les 5.000 internes de Kondengui, c’est 28 pourcents de condamnés et 72 pourcents de prévenus abusés par la pratique de la détention, qui est une exception à la loi. Après l’incident de lundi 22 juillet 2019, la journée de mardi a donné lieu à une fouille générale de la prison par près de 350 éléments des forces spéciales mixtes, en mission commandée.

Rappel des faits

Selon les enquêtes menées au sein de la prison, le mardi 23 juillet 2019, durant la fouille des forces spéciales mixtes, il y’a eu deux blessés graves passés aux urgences et actuellement hospitalisés. Les autres sont sains et saufs. Les 200 femmes prisonnières de Kondengui ont échappé au viol suivi de mort ou de prise d’otage. Le jeudi 24 juillet, jour de visites, les entrées de repas sont filtrées et contrôlées. Les forces spéciales veillent au grain. La furie des flammes a mis en cendre plusieurs locaux et biens, dont la chiffraison reste à faire. Ainsi, ces faits provoquent des interrogations chez les prisonniers de quartiers spéciaux : pourquoi ne pas créer de nouvelles prisons et appliquer la loi sans position des personnes Dieu, des juges envers les justiciables au nom du peuple Camerounais souverain ? Qui a vraiment organisé la mutinerie suivie de braquage et violences sur les 200 détenus des quartiers spéciaux et 200 femmes de Kondengui ? A la suite de ces questions, un doigt accusateur est pointé sur les manquements d’une justice équitable, pour tous et le surpeuplement avec (des grands bandits et délinquants, des détenus pour les problèmes sécuritaires et hostilités à la république, des bannis d’opinions), à la prison centrale.

Système des soins et Nutrition

A la prison centrale de Kondengui, pas d’hôpital, pas d’infrastructures sanitaires ni de plateau technique adéquat. Les 5.000 prisonniers n’ont qu’un seul médecin. Or, cette geôle de Yaoundé détient quatre détenus médecins, qui n’ont pas la possibilité d’exercer. Tandis que les détenus sont sensés être soignés, logés, nourris et vêtus par l’Etat. Selon le Haut-commissariat des Nations unies pour les Droits de l’homme dans son recueil les Droits de l’Homme à l’intention du personnel pénitentiaire. Il est écrit dans la section 3 : Droits à des conditions de vie appropriées, aux chapitres 5, 6 et 7 respectivement intitulés Logement, Droit à une alimentation adéquate et un approvisionnement suffisant en eau potable, Droit à l’habillement et à la literie, art 25. al1. de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme que : « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être… notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de … perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté. »

Pour ce qui est de la nutrition, ces prisonniers mangent un repas par jour. Les menus journaliers se présentent ainsi qu’il suit : Corn beens ou corn shap, mais haricot à l’huile de palme, riz et sauce d’arachide avec viande ou poisson fumé et du haricot blanc avec le riz. Le riz apparait donc comme la denrée la plus consommée dans cet établissement pénitentiaire. Cependant, un embastillé au sein dudit établissement déplore le quota de ration alimentaire : « A raison de 0,5 kg de ration alimentaire par jour, équivalents à 2.200 calories par jour, il faudrait 2.500 kg de repas, soit 50 sacs de riz de 50 Kg ».
L’individu incarcéré, mérite tous les Droits humains au même titre que le civile en liberté. Sa dignité devrait alors être respectée par l’administration pénitentiaire de son pays. A ce titre, les préambules de la Déclaration universelle des droits de l’homme et les deux Pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme, prévoient dans les Principes fondamentaux relatifs au traitement des détenus que : « Toute personne soumise à une forme quelconque de détention ou d’emprisonnement est traitée avec humanité et respect de la dignité inhérente à la personne humaine. »

Maxime Kana, stagiaire

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