Réponse à : Monsieur le Pr Nkou Mvondo, ne tuez pas Cabral!

Je viens de tomber sur  une sorte de lettre ouverte du professeur Nkou Mvondo, adressée  à  Monsieur  Cabral Libii

Dans cette lettre,  le professeur, par ailleurs, leader du Parti Univers accuse en somme Cabral Libii d’être  ingrat. Parce qu’il a pris la tête  d’un autre parti, le PCRN  et surtout décidé  de faire investir des candidats au nom de ce parti en violation de l’accord de partenariat politique qui le liait au parti univers.

Effectivement,  aux termes d’un accord politique,  il avait été  convenu et accepté  que le Parti Univers investirait  Monsieur Cabral  Libii à  la candidature  à  l’élection présidentielle. Et les membres de l’association 11 millions de citoyens dont Monsieur Cabral  Libii est le leader fera investir des candidats aux couleurs du parti univers lors des législatives et municipales.

Monsieur le professeur Nkou Mvondo aurait été  juste d’indiquer réellement  les raisons pour lesquelles cet accord est tombé  à  vau l’eau. J’ai beaucoup de choses à  dire sur certaines attitudes qui ne pouvaient pas permettre la continuité  de cet accord. Parce que j’ai été  plus ou moins proche  de la campagne présidentielle  du candidat Cabral  Libii, qui je le dis ici aujourd’hui  à  tous les camerounais  est la véritable victime de cet accord. Je ne manquerai pas de noter  deux faits saillants  qui aujourd’hui  valent des quolibets de toutes sortes à  Cabral LIBII. Mais qu’il a décidé  de porter sur lui parce qu’il ne voulait pas exposer celui qu’il appelle affectueusement  le prof. Je suis obligé  de le faire parce cette sortie  du professeur vise à  tuer politiquement  Cabral Libii à se taire face à  cet infanticide politique programmé et irresponsable.

Le peuple camerounais se pose toujours la question de savoir  pourquoi Cabral  Libii n’avait pas déposé  un recours consistant au Conseil Constitutionnel? Eh bien,  Cabral Libii, m’avait chargé  en tant qu’avocat de rédiger  son recours en annulation totale des élections présidentielles d’octobre  2018. Nous avons opté  d’introduire un recours au nom du parti Univers comme le prévoit la procédure  devant cette  institution. Pendant 48 heures, j’avais travaillé nuit et jour et une requête annulation à été  rédigée dont copie a été  publiée  sur le site de campagne  du candidat Cabral Libii. Il s’y trouve d’ailleurs encore.

C’était, en toute modestie, une requête  solide qui remettait en cause tout le processus électoral. Tenez par exemple cet argument sur le financement de campagne. Le code électoral  donne compétence exclusive au parlement de voter le budget de campagne y compris les fonds à  allouer  aux candidats.  Il revenait donc aux parlementaires  non seulement d’arrêter le budget global des élections, mais aussi de fixer les montants  à  allouer aux candidats et non au Ministre de l’administration territoriale. Ce recours contestait aussi la compétence  des commissions mixtes départementales  et la commission nationale de recensement  de vote composée  à  comptabiliser les résultats des votes en lieu et place d’Elecam. Dans ce même recours,  des preuves d’entrave au vote de  près  de 2 millions d’électeurs inscrits,  mais dont les noms ne figuraient  pas sur les listes électorales,  ont été  rapportées. Ce recours a été remis au Pr Nkou Mvondo via M. Bindzi pour dépôt au moment où il se trouvait  au palais des congrès, siège  du conseil constitutionnel  dans le cadre de la comptabilisation des votes à  la commission nationale de recensement  des votes. Ce recours n’a jamais été  déposé. Pour protéger  ses relations avec le professeur, Cabral  Libii a accepté d’endosser la responsabilité  de cet inadmissible  manquement.

Deuxième  fait saillant, lors de la proclamation  des résultats  au Conseil constitutionnelCabral Libii avait décidé  de ne pas légitimer les résultats de cette élection en refusant de participer à  leur proclamation à  l’audience solennelle  du conseil constitutionnel. Contre son avis,  le professeur a fait le contraire.  Il y a été  et a  même  pris acte des résultats  au nom de Cabral LIBII  qui ne cessait de dire que la victoire était celle d’un candidat  de l’opposition. Cabral Libii a gardé  silence  toujours par respect du au professeur. Ceci dit pour revenir dans la généralité politique,  le Pr Nkou Mvondo sait très  bien que le contexte  politique est essentiellement  dynamique. et répond aux exigences du vent politique. Il y a un toujours un avant  et un après  élections. On tire les conséquences à  la fin de chaque élection.

Cabral  Libii,  certes a été  porté  administrativement  par le Parti Univers, mais est  aussi devenu pour des millions de camerounais un porteur d’une certaine vision. Sa demande d’impacter cette vision qui a eu un très  grand retenti national et international  au sein du parti univers devait plutôt pousser ce parti à  l’ouverture, en lui confiant un poste de responsabilité. Sa demande de faire partie de l’équipe  dirigeante du parti univers se justifiait  donc absolument. Malheureusement, le professeur a voulu rester dans ce rapport qu’il appelle père et fils.

Or, il aurait été  politiquement suicidaire pour Cabral Libii de ne pas tirer les conséquences de ce qu’il  représente  désormais  aux yeux des camerounais et qui va très  au-delà des arrangements partisans avec univers. Quand un homme politique  sollicite le suffrage universel,  Il ne s’appartient plus.  Mais à  ses électeurs. Ce n’est pas de l’ingratitude, cher professeur que Cabral  soit à  la tête  d’un parti politique. Vous refusez tout simplement    de tirer les  leçons  de ce qu’est devenu Cabral  après  cette élection. Vous le voyez toujours comme votre enfant. Humainement  ce détachement  a toujours été  difficilement  vécu  par les parents dans nos familles. Les psychanalystes y voient souvent  une sorte de narcissisme parental.

Pourtant  il est écrit : ” L’homme quittera son père et sa mère“.Ce narcissisme parental qui n’est pas en soi une très  mauvaise chose,  peut se muer un complexe d’oedipe. C’est souvent ça  qui amène  les parents par excès  de possession  à  couper les ponts,  voire  déshériter  un fils  qui épouse la femme qu’il aime. On peut y voir aussi  l’exemple de cet homme qui revendique à  mort le droit d’épouser  une jeune fille  aux origines très  pauvres dont il s’est occupé  jusqu’à  son épanouissement. Soutenir  une personne dans son parcours ne devra pas en faire un enrégimenté,  un caporalisé. C’est une torture  morale indescriptible que de vivre sous l’épée de Damoclès
d’une obligation de reconnaissance à  celui qui nous aurait fait du bien.

NON Professeur, ne faites pas ça. Ne détruisez pas votre belle œuvre politique.  Réjouissez-vous plutôt  comme ce maître d’école primaire qui vous a appris à  écrire et à  lire, à  qui vous ne payez aucune reconnaissance,  mais dont la seule fierté  est de vous voir devenir le grand professeur d’université que vous êtes. Soyez plutôt  fier de Cabral, soutenez-le, ne le tuez pas. Le peuple camerounais qui le soutient et le suit, vous en sera très  reconnaissant !

Christian Ntimbane Bomo,

Citoyen camerounais 

Analyste politique

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