Riz camerounais: Sous-filière d’importation et de compétitivité

 

A peine 100 000 tonnes par an, pour une demande nationale qui dépasse 300 000 tonnes. Le riz local camerounais est prisé et quasi absent dans le marché camerounais et les importations de celui étranger accroissent de plus.

 

Pas de riz locale dans les boutiques du quartier Cité-verte, lieu-dit « Yoyo » à Yaoundé. Sur 10 boutiques visitées, aucune n’a du riz camerounais. Tous achètent celui importé de Chine ou de Tanzanie. Marché « mokolo » à Yaoundé, 13 boutiques sur 40 visités vendent le riz locale à quantité réduite. Pour eux, il est de bonne qualité, mais difficile à cuisinier, c’est pourquoi, les consommateurs préfèrent celui venant d’ailleurs.

 

Les consommateurs

 

Pour le consommateur camerounais, le riz importé a un rôle de stabilisation en ce sens qu’il nivelle les variations du prix local pendant la période de soudure où son effet se conjugue à celui du déstockage des provisions stratégiques. Il contraint à la baisse le prix du riz locale, ce qui n’est pas à l’avantage des producteurs. La nécessité des importations n’est plus à démontrer face au déficit de l’offre nationale. Pour y remédier en tenant compte du niveau actuel de la productivité, il faudrait aménager près de 100 000 ha supplémentaires. Et la Société d’Expansion et de Modernisation de Riz de Yagoua (SEMRY), elle, propose de faire extension dans le septentrion et produire environ 1 million de tonne de Paddy pour desservir le pays à l’horizon 2030. Une moitié pourrait satisfaire la demande intérieure croissante et l’autre pourrait reconquérir le marché des importations.

 

Le riz au Cameroun: politiques pour une filière compétitive

 

La compétitivité du riz camerounais ne peut être admise comme une donnée figée. Un de ses écueils tient au dopage des exportations asiatiques par la dépréciation du yuan chinois et du dollar, mais celle-ci est un phénomène circonstanciel qui peut connaître à tout moment un revirement. La suppression des subventions aux exportations qui biaisent le jeu de la concurrence loyale pourrait, considérablement changer la donne. Les taxes conjoncturelles d’importation dont le pays s’est quelques fois servi l’ont par moment placé à un niveau supérieur de compétitivité sur le marché intérieur.Ce qui rend parfois la compétitivité rude .

 

En fait, cette compétitivité reste tributaire de facteurs exogènes comme les prix internationaux du riz, le cours du dollar, le coût du fret maritime et terrestre et la mise du tarif extérieur commun de la CEMAC. Elle est aussi sous la dépendance de certains facteurs endogènes.  Qui ont trait aux coûts de production, aux techniques de production, au suivi des itinéraires techniques, et tout ce qui peut garantir la productivité. Et qui pourrait aussi la compromettre s’ils ne sont pas pris en compte.

 

Elle passe aussi par la prise en compte de facteurs de compétitivité hors-prix. En la matière, l’accueil réservé au Nérica , qui a un bon goût et une grande rentabilité.  Le Taïnan five qui est peu rentable, mais très délicieux, le riz étuvé qui est à 80% complet, et le riz complet qui est destiné aux diabétiques et hypertendus par les consommateurs depuis son introduction. Ce riz augure de belles perspectives en termes de marché. La préférence pour ces variétés par les consommateurs peut lui permettre de tenir tête aux assauts du riz d’outremer.

 

Joël Godjé Mana

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