Simplice Favel Fokam : « J’ai su croire en moi »

Exposant au dernier Salon international de l’agriculture et de l’agroalimentaire de Yaoundé, Simplice n’a jamais désiré lancer ses projets grâce au “love money” ou aux sociétés bancaires.

« L’africain a tout. L’Afrique a un sol riche. Mais, les Africains continuent à utiliser ce qui est déjà utilisé par les étrangers. On voudrait mettre en avant l’agroalimentaire camerounais en vue de cesser l’entrée des produits textiles voire alimentaires ». Ces phases prononcées par Simplice Favel Fokam, constituent le fil conducteur de sa vie actuelle.

Originaire de l’Ouest Cameroun et âgé de 32 ans, il est né à Douala.  Simplice a passé son enfance à Bandjoun avec sa mère, où il a fait ses cycles maternel et primaire. Dans les années 1999-2000, il est rappelé à Douala par son défunt papa, pour poursuivre ses études secondaires. Celui-ci estimait que son fils est intelligent, mais pas discipliné. Il voulait le voir réussir et faire de lui un homme. C’est ainsi qu’il obtient son baccalauréat D en 2006, dans cette ville où vivait son papa.

Vie de l’école et Ecole de la vie

Directement après l’obtention de son baccalauréat, le jeune homme se rend à Institut supérieur Ndi Samba à Yaoundé, espérant poursuivre son cycle supérieur. Son papa décédé un an avant l’obtention de son baccalauréat, Simplice Fokam ne sait plus à quel saint se vouer. Orgueilleux, il admet : « je n’aime pas l’aide extérieur. Qu’elle soit financière ou matérielle, je ne la prends pas ». A cette époque, il ne baisse pas les bras. C’est ainsi qu’il quitte Ndi Samba pour rentrer à Douala, ou il plonge dans le commerce au marché Nkouloulou, dans le but d’avoir de l’argent pour retourner à l’école.  Un an plus tard, il réussit à faire une formation de 8 mois en agriculture et aviculture dans un centre de formation à PK 21 à Douala.

2011, après avoir été enseignant d’écoles primaires, il ouvre une ferme grâce à la tontine des enseignants. Et elle ne dure qu’un an 6 mois, à cause de la grippe-aviaire.  Faute de moyens pour poursuivre ce projet, il trouve la faille pour aller en Guinée Equatoriale, et il n’hésite pas. Rêvant d’y continuer dans l’élevage et l’agriculture, il ne parvient pas. N’aimant pas l’oisiveté, il décide d’aller à Sao-Tomé, au Malawi pour faire de la plomberie. Grâce à sa mémoire auditive, il devient le responsable de l’entreprise Condai durant 8 mois.

En 2013, il rentre au pays. Passionné de jeux vidéos, il décide d’ouvrir une salle de jeux vidéos appelée « Complexe Univers Jeunes », basé à Douala. Et doté d’un appareillage à la pointe tel que « le King of fighter ». Constatant qu’il prend de l’âge, il se met à cogiter sur des projets plus porteurs et résistants. Ainsi à l’âge de 31 ans, Simplice rentre à l’école, principalement au sein de l’Institut d’Etudes Géostratégiques Africaines (IEG) de Bafang, filière agronomie. Il y suit des cours théoriques en ligne et se déplace lors de la pratique. Après 8 mois d’apprentissage, il en sort muni d’un diplôme d’ingénieur en agronomie.

Vie Professionnelle

Attiré par l’économie, ayant déjà une entreprise de jeux, Simplice se lance dans l’agro-alimentaire. Il fonde l’entreprise Tamno ( nom de son papa), dans le but de perpétuer son existence, de corriger ses erreurs et de le gratifier. L’idée de lancer cette entreprise basée à Douala-Bassa’a, vient du fait qu’il souhaite promouvoir le potentiel Camerounais et Africain, pour mettre fin aux importations des produits étrangers. L’entreprise Tamno existe depuis 08 mois, mais produit déjà du made in Cameroon. Celle-ci met à la disposition de son public, le bijou alimentaire Nasocao. Il s’agit d’un complément nutritif fait à base du cacao et de l’acajou, servant de petit déjeuner. Il remplace Matinale ou Ovaltine.

C’est dans un emballage en aluminium que ce produit de 200g est conservé. Vendu à 1.000 frs CFA au Salon international de l’agriculture et de l’agroalimentaire de Yaoundé, il coûte normalement 1.500 frs CFA dans 12 boutiques et des hôtels de la ville de Douala. Il est aussi commercialisé par l’Association Madika ( Made In Kamerun), chapeauté par la chambre d’agriculture, dont la fondatrice est la vice-présidente de cette chambre. Simplice est convaincu que d’ici 2020, il y aura du Nasocao dans toutes les surfaces commerciales de la ville.

Les Difficultés et perspectives

L’entreprise Nasocao connait des problèmes au niveau de l’emballage. En effet, elle recherche des emballages en boite capables de mieux conserver leurs produits que le papier alu. Mais, il faut aller en Chine pour avoir leur style de demande. Et au pays, il faut dépenser 1 million de frs CFA pour faire le type d’emballage désiré.

Pour Simplice, il faut d’abord asseoir le marché, le maitriser et faire connaitre le produit. Sur ce point, il déclare qu’« on s’intéresse à l’économie, mon équipe et moi continuerons à couvrir tous les autres secteurs dans l’avenir. Nous ne voulons pas de partenaires chez qui on prendra des dettes, mais nous voulons des actionnaires. Néanmoins, on doit d’abord tenir le marché entre les mains. Et d’ici 10 ans, pourquoi pas 20 ans, nous mettrons en place un nouveau projet. Nous n’allons pas courir ».

Marié et père de 3 enfants, Simplice n’est pas religieux. Il croit aux ancêtres.

Maxime Kana, Stagiaire

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