Transport-Jean Paul Noah: « Il faut réglementer les voyages de nuit »

Face aux accidents qui se multiplient sur les routes au Cameroun, le secrétaire général de l’Organisation patronale des syndicats des transports et assimilés du Cameroun (Opstac), invite le gouvernement à faire appliquer la réglementation.

 

Quelles sont les causes des accidents qui se multiplient sur les routes au Cameroun ?

Je vais d’abord m’incliner devant les corps de toutes ces personnes qui sont mortes sur nos routes. Les causes sont multiples. Elles sont multiples pourquoi ? A cause de l’inorganisation du secteur. Nous ne pouvons pas comprendre qu’au XXIième siècle, le transport qui était bien structuré dans les années 1980, ne le soit plus actuellement.

Prenons le cas du tarif, qui est la matière première du transporteur.  Comment peut-on comprendre que les tarifs sont homologués à 3.850 frs CFA pour Yaoundé-Bafoussam, mais quelqu’un s’amuse à prendre 1.500 frs CFA pour y aller. En prenant 1.500 frs, il ne peut pas entretenir le chauffeur.

Deuxième chose, lorsqu’on paie 35.000 frs CFA à un chauffeur qui conduit un bus de 140 millions, on s’attend à quoi ? Pire encore quand on lui donne la latitude de faire des surcharges. Pourtant il y a une convention qui régit le paiement des salaires des chauffeurs.

De plus, on ne peut pas laisser un monsieur aller au Bénin par exemple, acheter un bus d’occasion de plus de 50 ans d’existence, qui n’a plus de pièces, pour venir faire la concurrence avec quelqu’un qui a acheté un bus neuf à la maison de fabrication.

La 5e cause c’est la fiscalité. Comment comprendre que dans un secteur d’activité, il y a une fiscalité à deux vitesses. A Yaoundé par exemple, il y a une agence de voyage qu’on appelle « tourisme ». Elle est subventionnée et elle bénéficie des infrastructures de l’administration. Mais elle fait la concurrence à Finexs, à Général et autres. C’est une agence qui est subventionnée dans le carburant. Voilà une injustice qu’il faut corriger.

Quand je dors la nuit, je fais des cauchemars. Je ne cesse de penser à ces gens qui sont morts brûlés vif. C’est inacceptable!

 

A vous entendre parler, les problèmes d’excès de vitesse et de route sont  négligeable. Est-ce que le ministre des transports est le seul responsable ?

Je dis non. Aujourd’hui on indexe plus le ministre des transports comme étant celui qui ne fait pas son travail, pourtant celui des travaux publics est aussi impliqué. Les routes manquent de matérialisation horizontale et verticale au Cameroun. Les zones de chantier ne sont pas matérialisées. Entre Douala et Nkonsamba, il n’y a pas de route. Je ne comprends pas comment un individu normal peut rouler sur cette route à 90 km/h. Pareil sur l’axe Douala-Yaoundé, il n’y a pas de route. En saison sèche il y a autant de mort, vous imaginez ce qui se passera en saison des pluies ?

Chaque fois qu’il y a un accident, on dit excès de vitesse. Sur quoi s’appui-t-on pour le dire alors qu’il n’y a pas encore eu de conclusion des enquêtes.

 

En matière de piste de solutions, quelles est la priorité des choses à faire ?

Rien ne peut dépasser l’Etat. Il doit prendre des mesures. C’est à dire que si un promoteur n’a pas la capacité d’avoir une agence de voyage, on l’envoie à la gare routière. A la gare routière, on respecte les prix, des normes. Regardez par exemple les agences qui font la ligne du Nord: trois chauffeurs sont mis en place pour un déplacement. Regardez ceux des régions anglophones, ils sont très organisés. Ils prennent pourtant la même route que nous autres, mais ils ne font pas autant d’accidents.

Il faut réglementer les voyages de nuit. Regardez l’incident qui a eu lieu à Finexs à Douala, c’était à 23 heures, quand l’ensemble des responsables de cette agence était déjà parti. On laisse des gens charger dans les stations services, et pourtant la loi l’interdit.

Il faut la rigueur du gouvernement. D’ailleurs tout le monde doit être dans les gares routières.

Propos sélectionnés par Arnaud Kevin Ngano   

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