Transport urbain : la nuisance des mairies des villes au Cameroun

En cette veille du déroulement de la Coupe d’Afrique des nations au Cameroun, les chauffeurs et propriétaires de taxi sont aux abois par rapport à l’opération d’assainissement initiée par les maires des villes.

Abus et arnaque. Ces deux mots reviennent à chaque fois qu’un conducteur de taxi ou propriétaire de ces véhicules de transport public est interviewé. Que ce soit à Yaoundé, Douala ou Bafoussam, les travailleurs et acteurs du monde du transport urbain, sont en colère. Pour eux, l’invitation à peindre les taxis en jaune brasserie sans fantaisie, n’est qu’un « prétexte pour extorquer de l’argent aux transporteurs ».   

L’embellissement de la ville passe aussi par la propreté des taxis. Yaoundé, décembre 2021. ©: Facebook

« La CAN arrive, mais le secteur du transport urbain ne voit pas son intérêt. Les chauffeurs de taxi n’auront pas grande chose à gagner », déclare Mouncherou Amadou, président du Syndicat national des chauffeurs de taxi. Selon lui, les « taximen » sont acculés par les agents de la mairie de la ville, qui procèdent à la répression sans les avoir au préalable sensibiliser.

                                 Nous sommes entre le marteau et l’enclume.

Ces conducteurs de taxi sont pour la plupart, sous le contrat “condition vente”, et lorsqu’ils subissent trop de pression, ils « accusent les syndicalistes de ne pas défendre leurs intérêts », fait croire Mouncherou Amadou.  D’autre abandonnent carrément l’activité à cause de multiples interpellations de la mairie de la ville. Jean Ngoune, propriétaire des taxis dans la ville de Yaoundé, la capitale camerounaise, le confirme : « moi-même j’ai déjà garé plus de 10 voitures. On étouffe ceux qui paient les taxes et on laisse les ‘’moto-taxis’’, hors la loi, exercer librement. C’est une injustice. »

Mise en fourrière abusive

L’employeur révèle que « depuis le début de l’année 2021, le travail c’est pour la tôlerie, la mécanique, le garage et la mairie de la ville ». Il est devenu difficile de trouver son compte, parce presque tous les jours, ses voitures sont interpelées et des dépenses suivent (25.000 francs CFA pour la fourrière par exemple), alors qu’il n’y a pas de route.

« Le verre de ton rétroviseur est fissuré, on t’arrête ; par choque mal aligné, on te met en fourrière, explique Jean Ngoune. L’Etat demande vraiment l’impossible aux transporteurs. » A l’entendre, il semble que les propriétaires de taxi sont sous oxygène en ce moment au Cameroun et à Yaoundé particulièrement.

Arnaud Kevin Ngano

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