Violation des droits: la colère des confédérations syndicales

La salle des réunions de la Centrale syndicale du secteur public (CSP) a servi de cadre ce mardi 16 mars 2021, à un point de presse d’une dizaine de confédérations syndicales au Cameroun sur la violation des droits syndicaux.

« Trop c’est trop! Nous nous sommes longtemps tus, face aux violations des droits syndicaux au Cameroun ». Le président de la Confédération syndicale Entente nationale des travailleurs du Cameroun, Benoît Essiga Ananga, crie ainsi sans ambages, le ras-le-bol des syndicalistes. Il a été désigné par ses pairs, pour donner le ton de la conférence de presse du mardi 16 mars 2021 à Yaoundé.

Ses propos liminaires sur les dernières nominations à la Commission des droits de l’homme au Cameroun, ont permis de démontrer comment le décret du 19 février 2021, est une atteinte aux dispositions de la loi n° 2019/014 du 19 juillet 2019, portant création, organisation et fonctionnement de cette structure. « Celui qui a été nommé pour représenter les syndicalistes dans cette commission, n’a pas été désigné par les confédérations comme l’exige les articles 12 et 13 des textes de la Commission », relève le responsable de la confédération Entente. Le syndicaliste parle ainsi de Dieudonné Djibomadom Mamene, ancien inspecteur du travail.

Assassinat du syndicalisme

Pour Antoinette Tangono épouse Ekoan, présidente de la Confédération camerounaise du travail, la non consultation des organisations socioprofessionnelles avant ladite nomination, est fait à dessein, dans le but de museler les syndicalistes, mieux, de “tuer” l’action syndicale au Cameroun« Nous assistons au génocide syndical dans ce pays », dit-elle lors de sa prise de parole au siège de la CSP. 

Les 10 confédérations sur les 12 qui existent sur le triangle national et ayant convoqué la communication de ce jour, estiment qu’il est injuste de nommer « un individu à la retraite, qui de toute sa carrière n’a jamais été syndiqué, pour agir et parler au nom des syndicats ». Même si le concerné se revendique être membre de l’Union départementale des syndicats, affiliée à la Confédération syndicale des travailleurs du Cameroun (Cstc).

Image du Cameroun écornée

Ces présidents confédéraux rassurent la presse que le mode de désignation est faussé, et par conséquent, la qualité du membre est également douteuse. Selon eux, l’image du Cameroun qui est partie prenante au conseil du Bureau international du travail grâce au syndicats, est par ce cas de violation des droits, sérieusement ternie.

Mais au ministère du travail accusé de complicité, on dit avoir respecté l’esprit de la loi, dans les propositions envoyées au président de la république. On insiste avec la spécificité de la loi de juillet 2019, selon laquelle on a besoin « d’un expert  des questions syndicales et non d’un représentant des syndicats ». 

Seulement le choix de ce dernier doit être fait par les syndicalistes eux-mêmes.

Arnaud Kevin Ngano

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