Vitamine A : quand la pandémie de Covid-19 sert d’argument…

Pour procéder à la supplémentation en vitamine A aux enfants dans des localités de la région de l’Est-Cameroun, rien n’arrête les agents de santé, formés grâce au financement du gouvernement Canadien.

Quand Roxanne Anyoak Kpounze a arboré la chasuble dès la première fois, ce n’était pas pour s’amuser. Cette agente vaccinatrice de circonstance, âgée de 17 ans, a administré des vaccins contre la poliomyélite, associés à la supplémentation en vitamine A, aux enfants d’un des quartiers de Bétaré- Oya, du 13 au 16 mai 2022.

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Durant ses descentes sur le terrain, le contexte, marqué par la lutte contre la maladie à corona virus ne lui rend pas la tâche facile. Pareil chez de nombreux autres agents vaccinateurs au Cameroun. Certains parents les accusent, de vouloir « donner le Covid-19 » à leurs progénitures. Mais Roxanne, fille d’une infirmière à l’hôpital de district de Bétaré Oya, poursuit son travail.

« Elles ne veulent pas de nous »

« Il y a certaines mamans qui ne sont pas conscientes, lance-t-elle, en souriant. Elles ne comprennent pas pourquoi on vaccine leurs enfants. C’est pour cela qu’elles nous repoussent catégoriquement. Parfois elles ne veulent même pas qu’on touche leurs enfants. Même quand on essaie de leur présenter l’importance de cette activité, elles ne veulent rien entendre. » Mais déterminé à rendre ce qu’elle a bénéficié quand elle était aussi plus petite, cette élève en classe de première A 4 Allemand au lycée bilingue de Bétaré Oya, ne se laisse pas décourager.

Déjà avant le Covid-19, dans plusieurs localités du triangle national, les vaccinateurs devaient faire face à l’ignorance qui dans certains cas, a entrainé le refus de la supplémentation en vitamine A et la vaccination contre la poliomyélite. La pandémie, mieux, les rumeurs autour, ont davantage aggravé la situation. « Ce matin, nous avons eu un cas de refus. Les populations ont tendance à croire qu’il s’agit de la vaccination contre le corona virus et c’est pour cela que beaucoup sont réticents », confirme Archange Michel Angos, administrateur principal de santé publique, Chef du district de Bétaré Oya.

Des formations et recyclages

Quelques jours avant la campagne, le Fonds des nations unies pour l’enfance (Unicef) a procédé à la formation des agents vaccinateurs ainsi que les autres parties prenantes à l’évènement. La logistique a également été mis à la disposition des acteurs de cette activité, visant à protéger les enfants contre des maladies et pathologies évitables. Ceci grâce au financement du gouvernement canadien, via l’organisme intitulé : « Global affairs Canada », soit d’un coût d’environ 610 millions de francs CFA.

Au-delà du travail fait en amont, pour surmonter cet obstacle et accomplir leur mission d’amélioration de l’état nutritionnel des enfants, les équipes d’agents de santé envoyés dans les ménages, les écoles, les hôpitaux et les lieux publics, sont constituées de personnes vivantes dans les zones ciblées. « Vous savez que nous avons des relais qui vivent avec cette population. Il n’y a pas de cas de refus et pas de personne qui à cause de la vitamine A, souffre d’un problème quelconque de santé », laisse entendre El hadj Aboubakar, Chef du centre de santé intégré de Gado Badzere.

 Le fait que les mobilisateurs soient du village, apparaît donc comme un atout majeur.

Arnaud Kevin Ngano

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