Yaoundé : Le cri d’alarme des habitants

Par rapport à la mutinerie survenue dans la nuit de dimanche 21 à lundi 22 juillet 2019 à la prison centrale de Yaoundé, bon nombre d’habitants de la ville sont toujours apeurés.

« Ah bon ? Y’a eu un incendie à la prison centrale de Kondengui ? C’est effrayant cet évènement ! Je n’en reviens pas que ce pays soit en train d’atteindre un stade qu’on qualifierait de morbide », dévoile Juliette Kemogne, boulangère, ignorante de ce qui s’est passé il y a une semaine, à Kondengui.

Alors, certains membres de la société civile dans la ville de Yaoundé restent sans voix, mais inquiets. C’est le cas du Dr Tchamtcheu, juriste au barreau du Cameroun, qui, d’un air contrarié dit : « nous avons accueilli cet incendie avec émotion, en raison des risques encourus par les personnes qui s’y trouvent : travailleurs et détenus. Nous entendons par émotion, un sentiment d’inquiétude. Car, en dépit de ce que cet espace est un milieu carcéral, les gens qui s’y trouvent, sont des êtres humains, qui bénéficient du droit à la vie, un droit inaliénable ».

D’autres par contre, ne sont pas surpris d’une telle circonstance. « Ce qui s’est passé à la prison centrale de Kondengui était prévisible. Et on peut même se demander pourquoi cela ne s’est pas produit plus tôt », atteste Jean Bruno Tagne, journaliste politique. Lionnel Dzidzou, aménagiste forestier, renchérit en disant : « en fait, c’est normal que cela soit arrivé parce qu’il n’y a pas tellement de prisons adéquates au Cameroun. Et Kondengui est un lieu où on met tout le monde. Imaginez 5.000 prisonniers pour une prison qui doit prendre maximum 800 personnes ».

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Sur cette actualité, l’on refuse obstinément de voir la réalité en face. Des personnes tentent plutôt de pointer du doigt les prisonniers anglophones et ceux du MRC. C’est ainsi que plusieurs questionnements subsistent chez les citoyens Camerounais. Revenant à la charge, Jean Bruno ajoute : « Il y a manifestement une incompétence du gouvernement dans la gestion des prisons au Cameroun. Quelle est la solution du gouvernement pour lutter contre la surpopulation carcérale, qui fait de nos prisons, de véritables mouroirs ? Que fait-on des magistrats qui placent les justiciables sous mandat de dépôt un peu n’importe comment, sans discernement, contribuant ainsi à engorger davantage nos prisons ? Ou en est-on avec l’application des peines alternatives, qui auraient pu permettre de dégraisser les mammouths ? Et bien d’autres choses ».

L’affaire de Kondengui restera pendant longtemps gravée dans les cœurs et esprits des Camerounais comme celle de la crise anglophone. Mais c’est une assurance pour ceux-ci, qui se sentent protéger par les forces de l’armée contre certains prisonniers en fuite. « Quand on a dit aux infos que la police et la gendarmerie ont encerclé Kondengui, nous avons été rassurés. Car, en tant que transporteur, on a l’habitude de circuler dans ce quartier », remercie Achille, transporteur à Sano.

Maxime Kana, Stagiaire

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